Rhodia Belle-Étoile - Saint-Fons (Rhône) : Une semaine de grève pour les salaires24/01/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/01/une2008.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Rhodia Belle-Étoile - Saint-Fons (Rhône) : Une semaine de grève pour les salaires

Les travailleurs postés de l'usine Rhodia Belle-Étoile viennent de faire près d'une semaine de grève totale pour une augmentation de salaire de 100 euros par mois.

Ce qui les a mis en colère c'est que, grâce au travail des 7000 salariés du groupe Rhodia, l'entreprise a fait des bénéfices en 2006 et a octroyé, en remerciement, 1920000 actions gratuites aux six cadres les mieux payés du groupe. Avec une action à 2,30 euros, cela fait 4992000 euros, c'est-à-dire 713euros par salarié.

Les ouvriers de production de Belle-Étoile, qui travaillent en 5x8, c'est-à-dire de jour, de nuit, les dimanches et les jours fériés, et qui doivent produire toujours plus en étant moins nombreux, ont été indignés du fait que, en dehors des actionnaires, les seuls qui profitent des bénéfices sont ces quelques cadres supérieurs qui suppriment des emplois.

La grève a démarré mercredi 17 janvier: 90% des 120 salariés travaillant en poste étaient en grève. Aucune production ne sortait, faisant perdre à la direction des millions d'euros pour chaque journée non travaillée... un prix à payer démesuré par rapport aux revendications présentées.

Mais la direction de Rhodia craignait qu'une victoire des salariés de Belle-Étoile ne remette en cause un accord salarial bi-annuel qui ne garantit pas, à chaque salarié, au minimum l'inflation, et surtout qui conditionne une partie des augmentations de salaire aux résultats financiers de l'entreprise.

Et elle craignait aussi que, en accordant une augmentation de salaire à Belle-Étoile, les travailleurs des autres sites Rhodia revendiquent à leur tour la même augmentation. C'est pourquoi elle a refusé toute négociation et a fait savoir qu'il n'était pas question d'accorder quoi que ce soit de plus au niveau salaire. Face à son obstination, les grévistes ont décidé mardi 23 la reprise du travail.

Mais la direction ne doit pas se réjouir pour autant, car le problème des salaires est toujours là, et pas seulement à Belle-Étoile. Mardi, deux autres usines Rhodia de Saint-Fons devaient débrayer et, la semaine prochaine, des débrayages sont prévus dans tout le groupe, toujours pour les salaires.

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