EDF - Centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) : Sûreté ne rime pas avec rentabilité20/12/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/12/une2003.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

EDF - Centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) : Sûreté ne rime pas avec rentabilité

EDF soigne beaucoup sa communication. Ainsi, le 7décembre, France 3 Lorraine consacrait une bonne part de son journal aux exercices d'entraînement face à un éventuel incident nucléaire à la centrale de Cattenom en Moselle.

Mais EDF doit maintenant produire, en plus du courant électrique, des profits pour ses actionnaires. La course à la rentabilité bat son plein au détriment d'une sécurité pourtant vitale dans une centrale nucléaire.

Fin 2006, à peine 1200 agents EDF sont encore employés sur le site de Cattenom. Des dizaines de postes n'ont pas de titulaire et quand des agents partent, ils ne sont pas remplacés alors que la réglementation stipule que les emplois permanents doivent être pourvus par du personnel statutaire.

Mais comme il faut bien que le travail se fasse, le personnel est mis sous pression et le recours à la sous-traitance se généralise.

Les travailleurs de ces entreprises connaissent la précarité absolue. Certains peuvent rester des années sur le site en enchaînant les contrats de travail et se retrouver dehors du jour au lendemain. Une salariée a ainsi été prévenue par SMS qu'elle devait quitter son poste... après sept ans de présence à Cattenom! Sans compter que la proximité du Luxembourg permet bien des montages au niveau des employeurs, aussi peu transparents que les banques du Grand-Duché, avec des cascades de sous-traitants qui exploitent au bout du compte des intérimaires.

La sous-traitance touche non seulement des activités comme le gardiennage, mais quasiment tous les chantiers, y compris l'évacuation du combustible! Il y a dix ans, sur les chantiers, il y avait souvent 80% d'agents EDF pour 20% de sous-traitants, la proportion s'est inversée.

La période la pire est celle des arrêts de tranche pendant lesquels se font le rechargement du combustible et les opérations de maintenance. Dans ces périodes, il peut y avoir jusqu'à 800 travailleurs d'entreprises sous-traitantes présents sur le site et la pression est maximum sur tout le monde pour que la production reprenne dans les plus brefs délais pour des raisons uniquement financières.

Le mythe de la centrale sûre est destiné à l'extérieur. Cette année, il y a déjà eu cinquante accidents du travail à Cattenom chez les agents EDF ou les sous-traitants!

En matière de sécurité, la direction se donne bonne conscience à moindre frais. Ainsi une campagne a été engagée contre la consommation d'alcool: on ne sert même plus de vin à la cantine depuis quelques mois et les pots de départ se font à l'eau et au jus de fruits. Autant dire qu'à Cattenom, les travailleurs ne risquent pas de voir la vie en rose... à défaut d'irradier de bonheur.

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