Île de la Réunion - Congé solidarité : Les travailleurs dans la rue07/12/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/12/une2001.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Île de la Réunion - Congé solidarité : Les travailleurs dans la rue

Le 21 novembre, 1500 personnes ont manifesté dans les rues de Saint-Denis de la Réunion, à l'appel de l'intersyndicale CGTR, CFDT, CFTC et UNSA, entre autre pour le maintien du congé-solidarité, dispositif contenu dans la Loi programme pour l'outre-mer, et qui doit se terminer le 31décembre 2006.

Ce dispositif est censé encourager l'embauche des jeunes en remplacement du départ des anciens. Il permet aux salariés du privé de partir en préretraite à partir de 55ans s'ils ont plus de dix ans d'activité et cinq ans dans la même entreprise. Le salarié qui part touche entre 55 et 65% d'un salaire de référence, déterminé d'après ses rémunérations brutes des douze derniers mois. En retour le patron doit embaucher un jeune de moins de trente ans avec obligation de le garder au moins six mois et de ne pas baisser l'effectif de l'entreprise pendant les deux années suivantes.

Pour 2007, le gouvernement a décidé de baisser sa participation au paiement du congé solidarité, la ramenant de 60 à 50%. Mais alors, qui paiera ces 10% manquants? Les patrons? Certainement pas! Dans ce dispositif ce sont eux les plus choyés. En échange d'une participation se montant à 15% de l'allocation, ils ont la possibilité de rajeunir leur personnel et, comme cela se passe en pareil cas, de le payer moins. Quant aux 10% que l'État refuse dorénavant de verser, ce seront donc très certainement les Conseils général et régional qui devront mettre la main à la poche.

La plupart des travailleurs ne pouvant envisager un recours au congé-solidarité, ne serait-ce qu'à cause de la faiblesse du montant de la préretraite, les effets de ce dispositif ont été inférieurs à ceux annoncés: 2000 départs au lieu des 7000 escomptés. Quant aux embauches auxquelles les patrons sont engagés, elles ont sûrement été moindres encore, tant les obligations qui leur sont faites sont facilement contournables.

Malgré tout, il est bien normal que les travailleurs ne veuillent pas voir disparaître cette possibilité de prendre congé de leur patron, ni même qu'elle soit écornée.

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