CHU de Rennes : Quand les personnes âgées dérangent!07/12/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/12/une2001.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

CHU de Rennes : Quand les personnes âgées dérangent!

La directrice d'une maison de retraite a fait connaître dans la presse locale son indignation sur les conditions de prise en charge des personnes âgées au CHU de Rennes.

Elle raconte comment une de ses résidentes, âgée de 79 ans, a dû être hospitalisée en urgence. Le médecin traitant soupçonnait une embolie pulmonaire. Adressée aux Urgences du CHU, dit-elle, «elle a été ramenée le lendemain, sans que l'on nous prévienne. Le médecin nous a dit qu'elle souffrait d'arthrose, ce qui est vrai, mais ce n'était pas la principale cause de l'hospitalisation». Comme elle respirait toujours mal, son médecin traitant réussit à la faire admettre dans le service de pneumologie d'une clinique. Elle devait y rester dix jours pour une embolie pulmonaire bilatérale!

Malheureusement, ce que cette direction de maison de retraite dénonce n'a rien de surprenant. L'évolution actuelle des hôpitaux a pour but de les faire fonctionner comme des entreprises productrices de soins. L'objectif est d'effectuer le maximum d'actes en un minimum de temps. Pour des raisons financières, il faut que les malades sortent au plus vite. Dans ces conditions, l'arrivée d'une personne âgée à l'hôpital est perçue comme une gêne par ceux qui sont obsédés par la gestion financière. Dès l'admission d'une personne âgée, une des premières préoccupations est de savoir comment s'en débarrasser. Avec cet état d'esprit, il n'est pas étonnant que des médecins passent à côté de cas graves!

Voilà où mène le manque de lits pour accueillir les personnes âgées à l'hôpital. Cette pénurie a été organisée par les pouvoirs publics, la direction et les responsables médicaux du CHU ainsi que les autorités locales qui, d'un commun accord, ont décidé de réduire le nombre de places pour les personnes âgées alors que tout le monde sait que les besoins sont énormes et le seront encore plus dans l'avenir. La fermeture définitive, en juin 2005, de La Massaye, un établissement de gériatrie du CHU qui pouvait accueillir plus de trois cents personnes âgées, en est une illustration choquante.

Cette évolution des hôpitaux donne froid dans le dos sur les conséquences dramatiques qu'elle va entraîner. Cette logique représente un recul considérable du service public de santé, dont les premières victimes sont les personnes âgées et les plus démunis.

Sans oublier que si chaque salarié s'est fait voler une journée de repos sous prétexte d'aide aux personnes âgées, aucun moyen supplémentaire sérieux n'a été accordé à ces établissements!

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