145 médicaments devraient être déremboursés : Un remède de menteurs et d’hypocrites18/10/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/10/une1994.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

145 médicaments devraient être déremboursés : Un remède de menteurs et d’hypocrites

L'opération de «déremboursement» de certains médicaments a commencé en 1999, quand le ministère de la Santé du gouvernement Jospin a inventé la notion de «service médical rendu» (SMR) puis a dressé la liste de centaines de médicaments dont il a jugé le SMR insuffisant, afin qu'ils ne soient plus remboursés par la Sécurité sociale.

Ensuite, ce sont les gouvernements de droite qui ont appliqué la mesure.

Il y a d'abord eu, à l'été 2003, le déremboursement d'une première charrette de 82 médicaments tenus pour inefficaces et inutiles. Puis, en mars 2006, 152 produits dits d'automédication, tels des fluidifiants des sécrétions bronchiques ou encore des collyres, ont été déremboursés. Ceux-ci n'ont pas pour autant disparu de la pharmacopée. Un grand nombre d'entre eux sont toujours sur les linéaires des pharmacies, mais vendus à un prix beaucoup plus élevé, puisque les laboratoires sont désormais libres de fixer le prix qui leur plaît. Et c'est ainsi que, pour calmer une toux ou soigner un rhume, il faut désormais payer sans espoir de remboursement... à condition d'en avoir les moyens!

Pour cette troisième vague de déremboursements, 145 médicaments sont sur la sellette. Il s'agit majoritairement de vasodilatateurs utilisés dans les troubles intellectuels liés à l'âge, et donc utilisés par des millions de personnes.

Si ces médicaments sont proposés au déremboursement, ce n'est pas parce qu'ils sont inefficaces. Ce n'est pas non plus parce que la recherche a mis au point des médicaments plus performants pour ce type d'affections. Pas du tout! Jean-Pierre Lancry, qui fut le secrétaire général du Haut Conseil de l'assurance-maladie de 2003 à 2006, interrogé par le journal Le Parisien, livre sans vergogne la véritable raison: «À l'heure où de nouveaux traitements contre le cancer coûtent des dizaines de milliers d'euros par an et par malade, la collectivité choisit de rembourser ces nouveaux produits, et de ne plus prendre en charge d'autres médicaments moins stratégiques.» Il oublie juste de préciser que le gouvernement a accordé la liberté des prix pour les médicaments innovants et que c'est la raison pour laquelle les nouveaux traitements contre le cancer coûtent si cher à la collectivité et... rapportent autant à l'industrie pharmaceutique.

Il y en a plus qu'assez de la litanie sur le déficit de l'assurance-maladie qu'il faudrait faire combler par ceux qui ont besoin des médicaments. Qu'on cesse d'offrir des ponts d'or aux laboratoires, qu'on cesse la politique d'exonération de charges aux grandes entreprises, et le «trou» sera largement comblé. Et tous les malades pourront bénéficier des bienfaits des traitements pharmaceutiques!

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