Modeluxe - Chilly-Mazarin (Essonne) : Grève des travailleurs sans papiers.11/10/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/10/une1993.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Modeluxe - Chilly-Mazarin (Essonne) : Grève des travailleurs sans papiers.

La blanchisserie industrielle Modeluxe, à Chilly-Mazarin, en banlieue parisienne, emploie environ 162 personnes, qui lavent et repassent, entre autres, les draps pour de grands hôtels parisiens. Vingt-deux de ces travailleurs, des sans-papiers, se sont mis en grève le 29 septembre pour obtenir de la préfecture leur régularisation et du patron la fin des menaces sur leur emploi. Ils venaient en effet de recevoir, dans le cadre d'un projet de cession de Modeluxe, des convocations à des entretiens préalables à licenciement pour "faute grave", manière de se débarrasser d'eux sans détours et sans risque, du moins la direction l'espérait-elle.

Il y a deux ans, les travailleurs sans papiers étaient 42 dans l'entreprise, employés depuis plusieurs années, au vu et au su des autorités, du patron comme de la préfecture, puisqu'un contrôle de police avait été effectué dans la blanchisserie. Depuis deux ans, la préfecture de l'Essonne feint d'étudier les dossiers, en vue d'une éventuelle régularisation au cas par cas. Cela permet de fait au patron de continuer à surexploiter ces travailleurs, soumis comme leurs camarades à des conditions de travail très dures, pour moins de 1000 euros par mois.

Le 2 octobre, les grévistes ont été rejoints par la quasi-totalité des ouvriers et ouvrières. Ceux-ci ont cessé le travail pour obtenir des papiers pour leurs collègues ainsi que pour dénoncer les conditions de travail éprouvantes et les bas salaires. Les ballots de linge sale se sont entassés pendant plus d'une semaine dans la cour, avant que la direction, obtenant le soutien du tribunal de grande instance d'Evry, ne la fasse évacuer quelques jours plus tard, avec l'aide de la police.

Depuis, les grévistes sans papiers ont dû se dissimuler et les pressions ont été telles que les autres travailleurs ont repris le travail le 10 octobre au matin.

Rien n'est réglé pour autant avec le patron de Modeluxe. Cependant, dans cette lutte, il y avait d'un côté des travailleurs, sans papiers ou en règle, mais solidaires. De l'autre, la justice et la police du côté d'un patron qui bafoue les droits des travailleurs.

Une vraie leçon de choses!

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