Caisse d'Allocations Familiales (CAF) centre de Paris 13e : Garde à vue pour un employé accusé... d'aider sa famille.11/10/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/10/une1993.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Caisse d'Allocations Familiales (CAF) centre de Paris 13e : Garde à vue pour un employé accusé... d'aider sa famille.

Au centre de Nationale, de la Caisse d'Allocations Familiales dans le 13e arrondissement de Paris, il y a une quinzaine de jours, la police a débarqué le matin, demandant à la direction de convoquer, chez le responsable du centre, un employé français d'origine camerounaise. Notre collègue, croyant qu'il s'agissait de la réponse à sa demande de mutation, s'est rendu confiant à la convocation. Mais là, il a eu la désagréable surprise de se voir accuser par les policiers, à la suite d'une dénonciation, d'héberger des membres de sa famille sans papiers. Aussitôt, il était mis en garde à vue dans un autre local de la CAF.

Pendant ce temps, les policiers ont fait évacuer son service pour procéder à une perquisition de son bureau et de son meuble de rangement, perquisition qui n'a rien donné. Les collègues étaient abasourdis devant ce procédé! Puis il a été embarqué et il a passé une partie de la nuit en garde à vue à la police. Celle-ci l'a relâché, n'ayant pu prouver quoi que ce soit.

Le lendemain il a repris son travail mais, à son retour, le cadre de son service lui signifiait le retrait de sa délégation de technicien, entraînant l'impossibilité de traiter les dossiers d'allocataires. Il était déplacé à la plate-forme téléphonique... Le prétexte de la direction est qu'il était soupçonné d'avoir peut-être aidé des allocataires à percevoir indûment des prestations et qu'il fallait vérifier tout son travail sur plusieurs années. Pourtant, aucune poursuite judiciaire n'est prononcée.

Dès que la garde à vue a été connue, la collègue de cet employé, déléguée CGT, est allée voir le responsable du centre pour protester contre de tels procédés. D'autres délégués CGT, au Siège, sont allés voir le directeur général. Celui-ci leur a répondu qu'il voulait s'assurer que l'employé n'avait fait aucun faux, et il a ajouté qu'il allait mettre en garde les nouveaux embauchés de ne pas dépasser la "ligne blanche"! La direction se servant de ce prétexte pour chercher à intimider tous les employés.

Même à supposer, ce qui n'a pas été prouvé, que notre collègue aurait hébergé des membres de sa famille sans papiers, ce ne serait pas un crime, même si cela tombe sous le coup des lois concoctées par Sarkozy et ses prédécesseurs. Aux yeux des collègues d'ailleurs, c'est même l'inverse. La plupart trouvent tout à fait normal d'aider des membres de sa propre famille. Mais s'il est scandaleux que l'on vienne embarquer un employé sur son lieu de travail pour un tel motif, il est aussi scandaleux que la direction en rajoute en le soupçonnant de fraude et en le privant de son travail habituel. Elle a même fait bloquer la paie de notre collègue dès qu'elle a su qu'il était en garde à vue, avant de revenir sur cette décision à son retour au travail!

La direction essaie de nous intimider. Pour le moment elle réussit surtout à nous écoeurer par ses méthodes.

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