Bureau de poste de Paris 13 : Face aux menaces de licenciements, les employés de la restauration font reculer La Poste.11/10/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/10/une1993.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Bureau de poste de Paris 13 : Face aux menaces de licenciements, les employés de la restauration font reculer La Poste.

Il aura fallu une grève de dix jours et la volonté affichée des salariés du restaurant d'entreprise du bureau de poste de Paris 13 de tenir le temps qu'il faudrait pour garantir l'emploi de l'un d'entre eux, pour que la direction de La Poste accepte d'un coup ce qu'elle refusait jusque-là: le reclassement en contrat à durée indéterminée de ce salarié.

C'est l'épilogue d'un conflit qui a débuté cet été quand les onze salariés du restaurant d'entreprise, tout comme les employés du bureau de Paris 13, ont appris que celui-ci allait fermer pour permettre à La Poste de faire une opération financière. Dans la foulée, celle-ci entendait faire licencier le personnel, en octobre 2006, par l'association qui lui servait de paravent pour gérer la cantine à travers une pseudo-entité "indépendante" de droit privé. Au final, les salariés devaient se retrouver à l'ANPE, au mépris même des petites garanties existant dans la loi.

Après de multiples manifestations et arrêts de travail, y compris des employés du centre de Paris 13, qui marquaient ainsi leur solidarité, les employés de la cantine avaient contraint la direction de La Poste à reconnaître ses obligations d'employeur indirect. Ils obtenaient la solution qu'ils souhaitaient: reclassements extérieurs ou reclassements à l'intérieur de La Poste avec un contrat à durée indéterminée, selon ce qu'ils avaient demandé.

Restait le cas d'un seul salarié, employé au restaurant d'entreprise depuis plus de vingt ans, âgé de cinquante-quatre ans, dont la direction de La Poste ne voulait pas assurer le reclassement effectif. Après bien des simagrées, elle se contentait de lui proposer un CDD de six mois, sans aucune garantie que cela se transforme en embauche réelle. Ses camarades de travail ne l'ont pas accepté et se sont mis en grève le 22 septembre pour lui faire obtenir une vraie embauche.

La direction de La Poste a d'abord fait la sourde oreille pour démoraliser les grévistes. Mais quand, excédé par le mépris et les manoeuvres, le personnel a déclaré qu'il ne reprendrait plus le travail jusqu'à la fermeture du restaurant d'entreprise, la direction de La Poste a trouvé, en quelques heures, la solution impossible jusque-là. Elle annonçait que, dès la semaine suivante, le salarié laissé pour compte aurait un CDI.

Comme ils le déclaraient dans leur tract informant les postiers de Paris 13 des reculs de la direction, les employés du restaurant d'entreprise n'ont pas pu empêcher la fermeture du restaurant d'entreprise, mais leur solidarité a permis de faire échec au sort que leur réservait La Poste.

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