Chaos dans les Territoires palestiniens : Arrêt immédiat des sanctions financières contre le peuple palestinien!04/10/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/10/une1992.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Chaos dans les Territoires palestiniens : Arrêt immédiat des sanctions financières contre le peuple palestinien!

Ce qui était prévisible dans les territoires sous administration palestinienne en Cisjordanie et à Gaza est en train de se produire: chaos et affrontements sont la conséquence directe des sanctions financières décrétées par l'Union européenne, le gouvernement des États-Unis et celui d'Israël.

Les affrontements entre les factions palestiniennes à la suite de manifestations de fonctionnaires de l'Autorité palestinienne, qui ne sont plus payés depuis des mois ou payés de façon très partielle, ont fait des morts et des blessés. Depuis que les dirigeants des principaux États européens, dont la France, ont décidé de geler les aides qu'ils versaient et qui servaient au paiement des 152000 fonctionnaires travaillant pour l'Autorité palestinienne, le dénuement s'amplifie. Les résultats des élections dans ces territoires avaient abouti à la victoire du mouvement Hamas et ont servi de prétexte à la décision de mettre à sec les caisses de l'Autorité palestinienne.

Il était possible que la population serait seule à payer les conséquences de cette décision et que sur le plan politique cela renforcerait le crédit du très réactionnaire mouvement Hamas. Celui-ci avait certes remporté les élections, à cause de l'incurie et de la corruption du Fatah, mouvement qui dirigeait jusque-là Gaza et quelques enclaves en Cisjordanie. Mais cette victoire était avant tout la conséquence du mépris avec lequel les dirigeants israéliens et les dirigeants occidentaux traitaient les Palestiniens. Et ce mépris est encore plus manifeste avec ce blocage des fonds.

Les grandes puissances, dont l'Europe et la France, ont choisi de plonger ces territoires sous administration palestinienne dans une misère qui s'amplifie de jour en jour. Car Gaza avec son 1,4 million d'habitants, tout comme les bouts de territoires qui ont été concédés à l'Autorité palestinienne, ne sont absolument pas viables économiquement. Pour maintenir une situation prétendument «transitoire», l'Europe et les USA versaient des subventions à l'État palestinien. Ces aides étaient essentielles, elles permettaient de payer les 152000 fonctionnaires, dont 70000 appartenant aux forces de sécurité. L'ONU a calculé que ces salaires faisaient vivre un million de personnes, soit le quart de la population de ces territoires.

Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement israélien a décidé de garder les recettes des taxes diverses, pour un montant mensuel de soixante millions d'euros, qu'il percevait pour le compte de l'Autorité palestinienne et qu'il devait lui reverser. C'est un vol qualifié, mais les dirigeants israéliens n'en sont plus à un crime près.

Même le bureau de coordination humanitaire de l'ONU, l'Ocha, déclarait en avril dernier que les territoires palestiniens étaient au bord de la catastrophe humanitaire, et ajoutait que les sanctions prises étaient contre-productives «à moins que le déficit ne soit comblé, l'appareil d'État (palestinien) risque de s'effondrer». Cet «appareil» fait fonctionner 62% des cliniques, tous les hôpitaux et les trois-quarts des écoles de ces territoires.

Voilà ce dont nos dirigeants, le grand «humaniste» Chirac en tête, et tous ceux qui les soutiennent sont responsables. Il faut mettre fin à toutes les sanctions financières de tous ordres à l'encontre des Palestiniens!

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