Le Mans : Les bus en grève21/09/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/09/une1990.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Le Mans : Les bus en grève

Depuis le jeudi 14 septembre les travailleurs de la Setram, la compagnie de bus du Mans, sont en grève. Le ras-le-bol couvait depuis longtemps.

Depuis plus d'un an, la circulation en ville est complètement perturbée par la construction du tramway. Et si tout le monde en est gêné, ce sont bien les chauffeurs de bus qui sont les plus touchés: embouteillages à n'en plus finir (il faut par endroits 50 minutes pour parcourir deux kilomètres), chaussées défoncées, sans parler de l'irritation des usagers que les chauffeurs subissent de plein fouet. On imagine ces embouteillages pendant le mois de juillet caniculaire, dans des bus qui ne sont pas climatisés.

Ajoutons à cela que les nouveaux horaires des conducteurs, prévus pour la mise en route du tram, sont beaucoup plus contraignants que les horaires actuels, et l'on comprend vite que la vapeur montait.

La grève a donc été très suivie dès le premier jour, à plus de 70%. Si l'on décompte les travailleurs précaires en CDD, en fait ce sont presque tous les conducteurs en CDI qui ne roulaient plus. Et les mécaniciens ainsi que les vendeuses des guichets se sont aussi mis en grève.

Vendredi 15 septembre, la réunion avec la direction n'a pas satisfait les grévistes. La Setram étant une société anonyme d'économie mixte dont la communauté urbaine est le principal actionnaire, c'est finalement à la mairie qu'il revient de fixer les salaires. Or son représentant n'a proposé qu'une prime exceptionnelle de 150 euros pour la fin de l'année. Les grévistes, eux, demandaient au moins une prime de pénibilité de 400 euros, deux points d'augmentation du salaire de base et le paiement des jours de grève.

Boulard, le maire socialiste qui avait déjà fait savoir qu'il considérait que les conducteurs étaient assez payés comme cela, a expliqué que son budget ne lui permettait absolument pas de céder plus. Il n'est pas gêné, lui qui est prêt à donner 2 millions d'euros à Renault dès que celui-ci les lui demande, mais rien pour les travailleurs de la Setram! Ils ont donc décidé de continuer la grève le week-end.

Devant le refus des grévistes de reprendre le travail, la direction de la Setram a fait savoir qu'elle ne proposait même plus les 150 euros de prime et a fait appel aux travailleurs en repos pour conduire les bus. Il n'en fallait pas plus pour que la colère des grévistes monte encore d'un cran et qu'ils bloquent complètement tout le dépôt. Depuis samedi 16 donc, plus aucun bus ne roule.

Et l'apparition éhontée du directeur aux informations locales le lundi soir, pour «dénoncer»les grévistes, qui toucheraient 2180 euros par mois, alors que le salaire net tourne autour des 1400 euros en comptant les majorations pour les jours fériés travaillés et les horaires décalés, continue d'attiser la colère des grévistes.

La mairie socialiste montre superbement tout le mépris qu'elle a pour les travailleurs, mais là, il semble qu'elle soit tombée sur un os.

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