Carrefour Saint-Egrève (agglomération de Grenoble) : Le coupde colère des employés21/09/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/09/une1990.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Carrefour Saint-Egrève (agglomération de Grenoble) : Le coupde colère des employés

Mardi 12 septembre, une majorité des 350 salariés de l'hypermarché Carrefour de Saint-Egrève se sont mis en grève (dont 90% de ceux qui sont en CDI), que ce soient les caissières, ceux de la mise en rayon, les bouchers ou les boulangers ainsi que ceux de la comptabilité.

Le mécontentement s'accumulait depuis plusieurs mois. Carrefour a mené des travaux d'agrandissement pendant les huit derniers mois, ce qui a occasionné toutes sortes de nuisances (bruit, poussière, manque de place...) Car pour la direction, il n'était pas question de restreindre les heures d'ouverture pendant les travaux! Aux employés de se débrouiller avec ces conditions de travail déplorables et la désorganisation générale. Ce qui n'a pas manqué d'occasionner des accidents de travail à répétition.

Une fois les travaux terminés, les employés, qui n'avaient pas été invités à l'inauguration du nouveau magasin, où il y avait le préfet de l'Isère, des élus et autres notables, ont reçu... un stylo en guise de remerciement pour ces huit mois éprouvants, ce qu'ils n'ont guère apprécié!

Le ras-le-bol est profond car, au-delà du problème des conditions de travail pendant les travaux, les employés en ont assez de subir des chefs méprisants et sexistes, assez des façons de faire de la direction qui visent à les dénigrer et à les déstabiliser, assez de la surcharge de travail. D'ailleurs, malgré l'agrandissement du magasin, il n'y avait aucune embauche immédiate prévue.

Pendant une semaine, les employés se sont retrouvés chaque matin et chaque après-midi, à plusieurs dizaines à chaque fois, pour discuter de la suite de leur action. Les employés s'adressaient aussi aux clients du magasin pour qu'ils expriment leur solidarité en signant une pétition.

Lundi 19, les grévistes décidaient à une majorité de reprendre le travail le lendemain. La direction a promis de procéder immédiatement à quinze embauches en CDI (des temps partiels) et l'organisation de «réunions d'expression» dans chaque rayon! Le compte n'y est pas, mais l'ensemble des grévistes sont fiers d'avoir tenu tête pendant une semaine, toutes catégories confondues, ce qui n'était jamais arrivé.

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