Autoroutes privatisées : Une manne pour les compagnies privées03/08/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/08/une1983.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Autoroutes privatisées : Une manne pour les compagnies privées

Il y a quelques mois, le gouvernement offrait à des groupes privés la gestion complète des sociétés autoroutières: la Sanef au groupe espagnol Albertis, les Autoroutes du sud de la France au groupe Vinci et les autoroutes Paris-Rhin-Rhône au groupe Effiage.

Pour les compagnies privées, il n'a pas fallu longtemps pour toucher le gros lot.

La Sanef, qui gère entre autres l'A1 (Paris-Lille) et l'A4 (Paris-Strasbourg), six mois après son rachat à l'État, affiche un profit de 80,8millions d'euros, soit 77% d'augmentation de ses bénéfices pour les six premiers mois de l'année. Le trafic est stable mais les péages rapportent plus (+5,6%) et les formules de télépéage pour les conducteurs réguliers ou de localisation des camions par satellite sont particulièrement rentables pour les sociétés d'autoroute. Quant aux aires d'autoroutes, les redevances versées à la Sanef ont augmenté de 23,5%. Les résultats des autres sociétés autoroutières montrent eux aussi des augmentations de chiffres d'affaires. Avec les vacances et l'augmentation du trafic sur les autoroutes, on peut parier que les résultats du second trimestre seront encore meilleurs. Ce sont les usagers qui alimentent directement de tels bénéfices.

À l'origine, l'État avait concédé à des sociétés autoroutières, la Sanef, ASF et APRR, la charge de la construction des autoroutes ainsi que leur entretien. En compensation, ces sociétés percevaient pour une durée limitée le montant des péages, fixés par l'État. Ce système avait permis de faire financer via les péages par les usagers eux-mêmes la construction et l'entretien des autoroutes, tout en en faisant profiter quelques grosses sociétés du bâtiment et des travaux publics.

Maintenant que le réseau autoroutier est quasiment terminé sur l'ensemble du territoire et que sa construction est amortie, l'État aurait tout à fait pu décider de sa gratuité pour les usagers. Mais il a préféré brader les fructueuses sociétés qui le gèrent à des entreprises privées, leur permettant de rançonner les automobilistes.

Péages et pillage font bon ménage pour ces grands groupes capitalistes.

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