Du bon usagedes résolutions de l’ONU... Application de la résolution 1559 concernant le désarmement du Hezbollah !, a énergiquement martelé Chirac à l’occasion du G8. Mais pourquoi diable s’est-il limité à celle-ci, alors qu’au fil des années l’ONU a mult21/07/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/07/une1981.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Du bon usagedes résolutions de l’ONU... Application de la résolution 1559 concernant le désarmement du Hezbollah !, a énergiquement martelé Chirac à l’occasion du G8. Mais pourquoi diable s’est-il limité à celle-ci, alors qu’au fil des années l’ONU a mult

Depuis que l'État israélien a été proclamé en 1948, ses dirigeants ont piétiné allègrement les résolutions de l'ONU les concernant, avec un mépris d'autant plus grand qu'ils ont toujours bénéficié de la complicité tacite des grandes puissances impérialistes, trop heureuses d'avoir trouvé, depuis 1956, un champion de leurs intérêts dans la région, et qui n'attachent visiblement aucune importance à toutes ces «résolutions» - le mot semble décidément bien impropre.

En 1947, l'ONU adopta la résolution 181. Du fait des conflits antérieurs entre la population locale palestinienne et la minorité de colons juifs, l'ONU proposait la partition de la Palestine en deux États, juif et arabe. Jérusalem était placé sous le mandat de l'ONU. La résolution était avantageuse pour la minorité juive, puisqu'avec 31% de la population elle héritait de 55% du territoire palestinien. Mais c'était encore insuffisant pour les futurs dirigeants israéliens.

Se fichant comme d'une guigne de la résolution 181, ils mirent à profit la guerre déclenchée contre Israël par ses voisins arabes pour s'emparer de 78% du territoire. Les 22% restant furent annexés par la Jordanie (la Cisjordanie) ou occupés par l'Egypte (la bande de Gaza). Ainsi fut remisée, pour une période qui dure encore, la proposition de deux États séparés.

La résolution 194 de décembre 1948 stipulait que les réfugiés arabes de Palestine, chassés par la guerre, soient réintégrés dans leur foyers ou indemnisés. Son acceptation conditionnait l'entrée d'Israël à l'ONU. Israël siégea bien, dès lors, à l'ONU mais, craignant le retour massif de la population arabe, dénia toute responsabilité dans la fuite des réfugiés. prétendant qu'il s'agissait d'un départ volontaire de ceux-ci.

Les guerres de juin 1967 et d'octobre 1973 firent tomber dans l'escarcelle israélienne la Cisjordanie et Gaza, le Sinaï égyptien (rétrocédé en 1979) et le Golan syrien (annexé en 1981). Elles furent l'objet de deux résolutions (242 et 338) qui condamnaient ces annexions de territoires par la force. L'OLP était invité à reconnaître le droit à l'existence de l'État israélien. Cela fut fait, en prélude aux accords d'Oslo, mais les dirigeants israéliens ne libérèrent pas pour autant les territoires occupés et reconnurent seulement une «autorité palestinienne», mais toujours pas l'État palestinien... prévu dans la résolution de 1947!

En 1979, la résolution 448 condamna la colonisation juive des territoires occupées depuis 1967. Là encore, Israël n'en a tenu aucun compte et a intensifié la colonisation.

En 1980, Israël fit de Jérusalem sa capitale. Il s'ensuivit une résolution 478, dénonçant cette violation des accords antérieurs... qui reste elle aussi lettre morte.

Enfin, entre 2000 et 2002, plusieurs résolutions (1322, 1397, 1435) ont condamné la politique répressive d'Israël contre la population palestinienne, ses provocations, comme la venue de Sharon sur l'esplanade des Mosquées qui relança l'Intifada. La question de deux États a été ravivée ainsi que l'exigence de la cessation de tout acte de violence, de terrorisme, de provocation, et d'incitation à la violence et à la destruction. Là encore, sans aucun effet.

Les résolutions de l'ONU ont décidément la même valeur que celles d'un ivrogne qui jure qu'il va cesser de boire... demain.

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