Le syndicat UAW au devant des désirs de Chrysler10/05/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/05/une1971.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Le syndicat UAW au devant des désirs de Chrysler

Le bimensuel The Spark, illustre dans cet article la politique de collaboration de classe poussée à l'extrême du syndicat des travailleurs de l'Automobile, l'UAW.

«Nous sommes en train de changer notre façon de traiter nos affaires.» C'est avec ces mots qu'un représentant régional de l'UAW s'est expliqué sur un contrat sans précédent avalisant des sacrifices sur les salaires, les classifications, les emplois, les temps de pause, les jours de congés, la journée de huit heures, le paiement des heures supplémentaires... et qui doit s'appliquer d'ici cinq et neuf ans!

Ce dirigeant de l'UAW n'a pas attendu de voir dans quelles difficultés le conglomérat DaimlerChrysler et sa filiale Chrysler corporation prétendront se trouver dans cinq ou neuf ans. Il était prêt à tout céder par avance! Et il n'était pas le seul.

Les accords en question ont été imposés au vote dans des réunions de syndiqués convoquées dans la précipitation dans les usines de moteurs de Chrysler à Kenosha dans le Wisconsin, et à Trenton dans le Michigan. Les travailleurs ont été poussés à voter pour donner à Chrysler cette manne future immédiatement après n'en avoir vu qu'un résumé sur une seule page et avoir entendu les permanents syndicaux les menacer de la fermeture de leur usine s'ils ne votaient pas oui sur le champ.

Une partie des nouveaux accords commenceront à s'appliquer en 2011 à Trenton pour les travailleurs d'une nouvelle usine de moteurs qui doit être construite à côté de celle qui existe aujourd'hui. Les accords s'appliqueront intégralement en 2015, lorsque la fabrication des moteurs actuels s'interrompra.

Seuls 600 des 1200 ouvriers de Trenton pourront être transférés dans la nouvelle usine. La direction est autorisée à choisir ceux qui seront transférés. Le nettoyage et tous les autres travaux en dehors du travail sur chaîne seront sous-traités. Tous les travailleurs qualifiés devront être polyvalents.

Quatre journées de dix heures seront obligatoires. Les ouvriers pourront être obligés de travailler onze heures et demie par jour si nécessaire. Les heures supplémentaires ne seront payées qu'au-delà de 40heures. Dans une équipe de dix heures, la pause sera réduite, de 58 minutes autorisées aujourd'hui, à 24 minutes.

Les nouveaux embauchés ne seront pas payés au même tarif -quel qu'il soit- pendant cinq ans. Les règles concernant l'assiduité seront alignées sur les conditions les plus sévères de la branche.

Et ce ne sont là que les quelques points que les dirigeants syndicaux ont admis avoir cédés.

Voilà le dernier recul en date auquel a mené la politique de l'UAW d'accorder concessions après concessions à la direction. Tout comme les concessions précédentes, cela accélère encore la course vers l'abîme.

Aucun travailleur ne peut être à l'abri tant que la politique des concessions est poursuivie. Et aucun travailleur ne peut faire confiance à des dirigeants syndicaux qui imposent de tels marchés.

La pression pour imposer des sacrifices cessera quand les travailleurs -militants syndicaux comme travailleurs du rang- décideront de se battre. Un point c'est tout.

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