Rennes : Gomma supprime des emplois mais embauche des précaires!04/05/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/05/une1970.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Rennes : Gomma supprime des emplois mais embauche des précaires!

L'usine Gomma de la Barre-Thomas située à Rennes produit, avec ses 2000salariés, des pièces en caoutchouc et en plastique pour le groupe PSA. Cette usine construite par Citroën dans les années cinquante a été revendue il y a six ans au groupe italien Gomma qui, à cette occasion, avait doublé ses propres effectifs, passant de 2500 à 5000 travailleurs.

Entre 2001 et 2004, les patrons se sont servis en vidant les caisses: 28,8millions d'euros ont été distribués aux actionnaires. En plus, le groupe Gomma s'est fait offrir 36 millions d'euros en imposant à la direction de Rennes d'acheter une usine appartenant au groupe en Pologne.

Suite à ces détournements financiers, l'usine de Rennes a été jugée déficitaire et a été mise en redressement judiciaire le 1erdécembre 2005. Pour "redresser" la situation, la direction a mis en place un PSE, c'est-à-dire un plan improprement appelé plan de sauvegarde de l'emploi, prévoyant 328suppressions de postes. Ce plan n'était pas encore mis en oeuvre que la même direction faisait connaître le 11avril que les candidats "repreneurs" de l'usine mettaient comme condition à la reprise la suppression, entre 2007 et 2009, de 400emplois, en plus des 328!

Vu les difficultés invoquées par la direction, on pourrait croire que l'usine tourne au ralenti. Eh bien non! Les cadences de travail déjà difficiles à tenir ne cessent d'augmenter. En plein plan social, il nous est imposé des journées de travail supplémentaire obligatoires et le patron vient d'annoncer l'embauche d'intérimaires en avril, ainsi que des saisonniers embauchés dès le mois de mai. De plus, le patron n'a pas hésité à nous imposer le blocage des salaires, à cause du coût du plan social qu'il a lui-même imposé.

Pour faire passer ces mauvais coups, les responsables de l'usine expliquent qu'il ne faut pas effrayer les repreneurs. Mais bien des travailleurs ne se laissent pas endormir par ce chantage: 30 d'entre eux ont débrayé le 28février à l'annonce du plan social au comité d'entreprise et ont défilé dans les ateliers. En mars, dans un autre secteur, il a suffi que des travailleurs menacent de s'enchaîner à deux machines, que la direction avait l'intention de déménager dans une autre usine, pour que cette dernière renonce pour l'instant à son projet. Dans ce même secteur, fin mars, lors de l'annonce du gel des salaires, une dizaine de travailleurs ont cessé le travail, exigeant que la hiérarchie vienne s'expliquer à ce sujet.

Les étudiants, lors du mouvement anti-CPE, sont venus manifester devant cette usine, symbole de suppressions d'emplois consécutives à des magouilles financières. Nombre de travailleurs ont été réconfortés de constater que leur sort n'était pas indifférent à d'autres catégories de la population.

Il n'en reste pas moins que les quelques réactions récentes, toutes limitées qu'elles soient, montrent la voie à suivre, car ce n'est que par la lutte que nous pourrons modifier le rapport de forces et trouver la sympathie des travailleurs des entreprises proches, en particulier celle de Citroën où travaillent 10000 salariés qui faisaient partie il y a peu du même groupe.

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