Tchernobyl : Les effets des radiations... et du reste28/04/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/04/une1969.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Tchernobyl : Les effets des radiations... et du reste

Reportages, enquêtes, débats..., les télévisions, radios et journaux rappellent l'horreur survenue, il y a vingt ans, le 26avril 1986, à Tchernobyl. Mais peut-on croire ceux qui nous disent qu'une telle catastrophe est désormais improbable grâce aux nouvelles générations de centrales, et que si elle survenait, la gestion de la crise serait bien plus efficace que ce qu'elle fut dans ce qui était alors l'Union Soviétique, et avec des conséquences moins meurtrières et moins funestes pour l'environnement.

Vingt ans après, on ne sait toujours pas quel est le nombre des victimes. Un bilan très officiel émanant de l'ONU ose évaluer à 56 le nombre de décès directs pour l'Ukraine et à 4000 le nombre de morts à terme. Cela alors que le combustible nucléaire a brûlé pendant plus de dix jours! D'autres rapports estiment de 30000 à 40000 le nombre de décès par cancer que devrait entraîner au total la catastrophe. Ailleurs, on parle de 2,4 millions d'Ukrainiens aujourd'hui souffrant de maladies cardiaques, thyroïdiennes et autres liées à cette catastrophe. Faute de contrôle direct par la population des enquêtes effectuées, c'est l'opacité la plus complète qui continue à régner!

On a vu à la télévision les images terribles de ces «liquidateurs», ces pompiers, soldats et civils qui, par centaines de milliers, sont intervenus sur le site de la centrale éventrée pour éviter que l'incendie ne se propage à un deuxième réacteur, puis pour construire le sarcophage autour du réacteur saccagé. Et beaucoup l'ont fait en toute conscience du risque d'y laisser leur peau mais de la nécessité d'éviter ainsi une catastrophe humaine encore plus effroyable. C'est un scandale et une honte que les autorités ukrainiennes les aient ensuite laissés à leurs souffrances et oubliés et qu'elles soient aujourd'hui incapables de dire -ou se refusent à le faire- combien sont morts et ce que sont devenus les autres.

Mais l'ancienne Union Soviétique dirigée par des bureaucrates et les nouvelles autorités ukrainiennes n'ont pas le privilège du mensonge, du mépris et de l'inhumanité.

Ne serait-ce qu'en France, à l'époque de la catastrophe, les autorités ont tenté de faire avaler à la population que le nuage avait respecté les frontières. «C'est sans aucun danger pour la santé publique» affirmait alors un responsable du très officiel Service central de protection contre les radiations ionisantes.

«La France a été totalement épargnée» renchérissait le ministre de l'Agriculture. Et de ne prendre alors aucune des mesures préventives qui s'imposaient. Aujourd'hui, après la forte augmentation des pathologies de la thyroïde, quand les malades viennent réclamer ne serait-ce que «vérité et transparence», aucun des menteurs de l'époque ne daigne même simplement venir s'expliquer.

Quant aux plans pour faire face à une éventuelle catastrophe, quand ils existent, ce n'est que sur le papier. Un seul exemple, les comprimés d'iodure de potassium qui devraient être distribués à tous ceux qui habitent dans un rayon de 10kilomètres autour des centrales pour se prémunir des effets d'un nuage radioactif, sont loin de l'être partout. Quand ils le sont, c'est sous l'unique dosage adulte et il faut donc les couper en deux ou en quatre pour les enfants ou les nourrissons. Ils sont gratuits, il n'y a donc aucune raison de fabriquer de multiples dosages!

Si l'énergie nucléaire n'est pas sans danger, les questions d'argent potentialisent largement ses effets.

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