Des miracles en veux-tu, en voilà!30/03/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/03/une1965.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Des miracles en veux-tu, en voilà!

Pour l'Église catholique, la vie n'est décidément pas toujours rose. Non seulement il lui faut faire face à une lente et régulière érosion des vocations et de la simple pratique religieuse, mais de nouvelles Églises, dites "évangéliques" ou "pentecôtistes," se livrent non sans succès à une concurrence déloyale, affirmant guérir miraculeusement à tour de bras leurs fidèles malades.

Sur ce segment de marché, l'Église catholique ne manque apparemment pas de possibilités, le miracle faisant traditionnellement partie des services qu'elle offre. Mais rien ne va plus. Le miracle se fait rare, même à Lourdes où, depuis trente ans, on n'en officialise qu'un tous les dix ans. Le dernier est déjà vieux d'un an. Or durant la seule année 1858, quand Lourdes devint un lieu propice aux miracles, l'Église en avait reconnu sept. Un record!

La raréfaction des miracles a donc ému l'évêque, qui en a rapidement décelé la cause: pour être homologué, comme n'importe quel record, un miracle doit répondre à plusieurs critères. Selon les règles actuellement en vigueur, établies pour échapper à la critique des mécréants, le malade doit être incurable et la guérison soudaine et sans rechute. De plus il faut s'assurer "qu'aucune médication n'a été donnée" au miraculé.

Alors, comment faire de nos jours où tout un chacun consulte le médecin pour le plus petit malaise et ingurgite sans discernement bénédictions, pilules et suppositoires?

Eh bien, il suffirait de faire plus simple et de commencer par homologuer toutes les "guérisons inattendues". Il fallait y penser. Déjà l'espoir revient. Un statut de "guérison exceptionnelle", sorte de miracle de deuxième division, serait même annoncé sous peu.

Aide-toi, le ciel t'aidera!

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