Prisons : Un rapport qui condamne16/02/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/02/une1959.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Prisons : Un rapport qui condamne

Alvaro Gil-Robles, commissaire européen aux droits de l'homme, visitant les prisons françaises au nom du Conseil de l'Europe, a pointé nombre de problèmes, concernant en particulier la situation faite aux immigrés.

La situation au centre de rétention des étrangers dans les sous-sols du palais de justice de Paris «est catastrophique et indigne», plaçant des personnes dans des «conditions inhumaines et dégradantes», écrit-il dans son rapport. Il faudrait ajouter que l'enfermement des étrangers dits en situation irrégulière, mêlés à des personnes condamnées à la prison, dans 18 «centres de rétention» créés à partir de 1981, est une honte. Ils sont traités comme des délinquants alors que leur seul «crime» est d'être arrivés en France, souvent au péril de leur existence, dans l'espoir d'y gagner leur vie, certains d'entre eux pour échapper à des massacres ou à des exactions dans leur propre pays. Alvaro Gil-Roblès raconte que les étrangers qu'il a rencontrés «étaient pour la plupart en France depuis plusieurs années, avaient travail, logement et quelquefois famille. Ils m'ont vivement exprimé l'incompréhension qui les animait et le désarroi qui les a saisis à l'annonce de leur expulsion imminente vers un pays avec lequel ils n'ont gardé que peu d'attaches».

Mais pour Sarkozy, l'important est de «faire du chiffre», avec pour perspective de pouvoir annoncer un nombre d'expulsions d'étrangers en hausse. Des objectifs chiffrés sont assignés à la police et aux préfectures et de nouvelles dispositions ne cessent de durcir les conditions d'entrée et de séjour des étrangers. Aussi, pour être valable, la demande d'asile doit être formulée «sur un formulaire, en cinq jours et en français, sans accès à un interprète, sinon payant. Et encore, même ceux qui peuvent payer n'en trouvent pas!» Or, «comment un monsieur arrivant du Bangladesh ou du Yémen peut-il, en cinq jours qui passent à une vitesse folle, rédiger son dossier en français? C'est littéralement impossible et c'est inacceptable!»

La réponse des autorités françaises a été: «Cela correspond à la norme puisque la langue de travail de l'administration française est le français.» «Démagogie», «xénophobie», pour rester poli, la langue française est riche pour qualifier ce genre d'attitude. Mais un mot résume à lui seul cette politique: «antipauvre», ou encore «antiouvrier».

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