Journée de mobilisation pour les élèves sans papiers16/02/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/02/une1959.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Journée de mobilisation pour les élèves sans papiers

Le 1er février, le Réseau Éducation Sans Frontières, qui regroupe des parents d'élèves, des enseignants, des militants syndicaux et d'associations organisait, pour la deuxième année consécutive, une trentaine de rassemblements devant autant de préfectures pour protester contre la politique d'expulsions du gouvernement.

Ainsi, à Grenoble, près de deux cents personnes se sont rassemblées et une délégation a été reçue par le sous-préfet. Il n'a eu que quelques paroles de vague compréhension, aussi vagues que les promesses de Sarkozy.

Le 31 octobre, le ministre de l'Intérieur, par une circulaire, s'engageait à suspendre les expulsions des lycéens sans papiers et de leurs familles jusqu'à la fin de l'année scolaire pour des «raisons humanitaires»... Ce qui fait craindre un retour massif des expulsions en juillet prochain.

Cette circulaire n'est même pas respectée par les préfectures. Depuis fin octobre, plus d'une cinquantaine de parents d'enfants scolarisés et quelques jeunes ont été placés en centres de rétention, préliminaire à une expulsion.

Dans ce contexte on vient d'apprendre que, dans l'Oise, l'Inspection académique a écrit à tous les proviseurs des lycées et lycées professionnels en leur demandant de fournir les coordonnées des élèves susceptibles de faire l'objet de reconduite à la frontière.

Tous ceux qui ont participé aux rassemblements du 1erfévrier sont conscients que face à la machine policière, administrative et judiciaire, à qui on demande maintenant de faire du chiffre (objectif de 25000 reconduites à la frontière en 2006), seule la mobilisation des gens des quartiers, avec les parents d'élèves, les enseignants, les proches, peut empêcher les expulsions et même obtenir des régularisations. Cela a été le cas pour Guy Effeye, lycéen d'Epinay, dont les camarades ont réussi à empêcher l'embarquement, puis ont obtenu un titre de séjour «étudiant».

Au lycée professionnel Jacques-Brel de Choisy-le-Roi dans le Val-de-Marne, Léopoldo, un élève chilien, menacé d'expulsion depuis deux ans, vient de recevoir un titre de séjour lui permettant de terminer ses études, puis de travailler en France. Mais les enseignants du lycée recensent cette année plusieurs dizaines d'élèves susceptibles d'être menacés à leur majorité!

Alors au rassemblement du 1er février, les manifestants de Choisy se retrouvaient à un peu plus de 300 devant la Préfecture de Créteil avec d'autres établissements du département pour dire leur détermination à ne pas laisser faire. Le slogan, «C'est pas les immigrés, c'est pas les sans papiers, c'est Sarkozy, qu'il faut virer!» était largement repris.

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