Le gouvernement se prépare à réduire le smic11/01/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/01/une1954.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le gouvernement se prépare à réduire le smic

Le ministre délégué au Travail, Gérard Larcher, s'intéresse de près à la façon de calculer le smic. Il vient de recevoir un rapport qui montre que le smic, dont l'évolution dépend à la fois de la hausse du coût de la vie et de l'évolution des salaires, aurait vu son pouvoir d'achat augmenter de façon assez nette ces dernières années.

En particulier, en 2005 on a intégré dans son évaluation -avec beaucoup de retard -le passage aux 35 heures. Rappelons que Martine Aubry, pour limiter la hausse du smic qui aurait dû résulter de sa loi sur les 35 heures, avait créé des smic différents en fonction de la date du passage aux 35 heures. En 2005, ces smic ont finalement été réunifiés, et le montant horaire du salaire minimum a augmenté de 5,5%.

Bref, pour le patronat, il faudrait mettre fin à ces "dérives". Un smic, actuellement à 1217 euros mensuels brut pour 35 heures, cela leur paraît démesuré. Sans ressortir les idées de son prédécesseur -Ernest-Antoine Seillière demandait la suppression du smic- Laurence Parisot, l'actuelle présidente du Medef, souhaite que son calcul soit modifié et que son montant soit contrôlé par une "commission d'économistes" indépendante. Comme si, en la matière, il pouvait y avoir des économistes indépendants! Certes, ils n'invoquent pas forcément l'intérêt du patronat, mais ils se réfèrent tous aux lois du marché, aux règles du profit, ce qui revient au même.

Il est question entre autres que le smic ne soit plus indexé, même partiellement, sur l'augmentation des salaires, mais sur la croissance des prix, et de la compétitivité, ce qui serait une régression notable par rapport à la situation actuelle.

Quand le smic est indexé, même partiellement, sur les salaires, les smicards voient le montant de leur salaire augmenter légèrement chaque année. Mais indexé sur les seuls prix, dont tout le monde sait que l'indice est calculé sur des bases qui ne correspondent absolument pas aux dépenses réelles des petits salaires, le montant du smic peut cesser de progresser.

Dans la période actuelle, selon les chiffres officiels les salaires, à horaire constant, augmentent un peu plus que les prix. Indexer le smic sur les prix, et non plus sur les salaires, ce serait donc le revaloriser moins. Les retraités sont bien placés pour savoir ce que cela peut changer: depuis Balladur, le calcul des retraites a été modifié. Les pensions ont été indexées sur les prix, et non plus sur l'évolution des salaires. Ce mode de calcul -ajouté à d'autres mesures du même genre- a entraîné un recul de l'ordre de 20% sur le montant des retraites.

Le smic est traditionnellement réévalué chaque année au 1erjuillet. Gouvernement et patronat semblent vouloir préparer pour cette date une fort mauvaise surprise aux salariés les plus défavorisés... et indirectement à tous les autres.

Il faut donc indexer le niveau des luttes sur l'indice de voracité du patronat, et sur la volonté sans limites du gouvernement de lui venir en aide.

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