Chine : La mine et le capitalisme ont encore tué02/12/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/12/une1948.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Chine : La mine et le capitalisme ont encore tué

La dernière catastrophe minière survenue le 27 novembre en Chine a provoqué, selon un bilan provisoire, 148 morts sur 221 travailleurs employés dans la mine de Dongfeng, située au nord-est du pays, près de la frontière russe, dans la province de Heilongjiang.

Une explosion de grisou serait à l'origine de l'accident. Il s'agit d'une mine d'État, une exploitation officielle, de taille moyenne, fournissant depuis des dizaines d'années 5 millions de tonnes de charbon par an. Non pas de l'un de ces milliers de puits plus ou moins clandestins, du moins aux dires des autorités, employant parfois une petite dizaine de mineurs, hommes ou femmes, qui permettent au gouvernement central ou provincial de feindre d'adopter, à chaque accident, une attitude radicale, en paroles, quant aux conditions de travail extrêmement dangereuses qui règnent dans les exploitations houillères.

Une fois de plus, les autorités de la province où l'accident s'est produit ont annoncé l'application de «mesures extraordinaires» consistant à faire fermer dans la province, avant la fin de l'année, toutes les mines ne répondant pas aux conditions de sécurité. Selon des militants qui rassemblent des informations sur les conditions de travail en Chine, après chaque accident de la mine, en particulier lorsque le nombre de victimes dépasse cent mineurs, de telles annonces officielles fleurissent, sans que les accidents cessent ni que le nombre de morts diminue.

Au contraire. Selon l'administration chinoise de la sécurité du travail elle-même, de 2000 à 2004, 18071 accidents miniers se seraient produits en moyenne chaque année, tuant en moyenne 30924 mineurs par an. La statistique officielle constate également que le nombre d'accidents causant plus de cent décès de mineurs est en augmentation: sur neuf catastrophes minières survenues depuis 1949, depuis la naissance de la République populaire de Chine, sept se sont produites dans les six dernières années, dont cinq dans les 13 derniers mois.

La production d'électricité de la Chine dépend pour plus de 70% du charbon et le gouvernement a prévu d'augmenter les quantités extraites afin de faire face aux besoins croissants de l'industrie. Cela permet d'autant plus de mettre en doute ses intentions affirmées de faire fermer toutes les mines dangereuses, quand bien même un tel contrôle serait possible dans le foisonnement de petites exploitations dispersées dans les montagnes. Par ailleurs, la pauvreté de la population des régions minières continuerait à faire accepter aux travailleurs n'importe quel gagne-pain, même proposé dans des conditions déplorables.

C'est donc de leur sang que les mineurs chinois payent une nouvelle fois le prétendu décollage de l'économie, dont le taux de croissance de 9% continue à faire gloser les commentateurs et à enrichir nombre de gros actionnaires chinois et surtout de multinationales qui investissent dans ce pays.

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