Sans-abri : Victimes du froid et... du gouvernement23/11/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/11/une1947.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sans-abri : Victimes du froid et... du gouvernement

Avec l'arrivée du froid, la situation des sans-abri devient de nouveau dangereuse, car passer la nuit dehors c'est mettre sa vie en péril. Déjà un SDF a été retrouvé mort à Saint-Brieuc, où depuis plusieurs jours les températures étaient descendues en dessous de zéro. Ce n'est peut-être hélas qu'un début car tous les ans des SDF meurent de froid en France.

Comme chaque année, les ministres y vont de leurs discours rassurants. À entendre la ministre déléguée à la Cohésion sociale, Catherine Vautrin, tout ou presque a été fait pour accueillir les SDF. Le "plan Hiver", du 1er novembre au 31 mars, doit mettre plusieurs milliers de places d'hébergement supplémentaires à la disposition des services sociaux, comme le Samu social et les associations caritatives. Aujourd'hui 5334 places auraient déjà été ouvertes et il y en aura 3800 de plus si la température baisse jusqu'à moins 5° C la nuit, et 3000 autres, si le thermomètre chute à moins 10° C. Au total ce seraient donc près de 11000 places qui viendraient s'ajouter aux 90000 lits disponibles toute l'année.

Mais comme toujours, avec ce gouvernement, les discours n'ont pas grand-chose à voir avec la réalité sur le terrain. Ainsi Stéfania Parigi, directrice du Samu social, dénonce dans une interview au journal Le Parisien le manque de lits: "Dans la nuit du vendredi 18 novembre, 23 personnes, dont deux femmes, n'ont pas pu être hébergées, faute de places". C'est le même son de cloche dans des associations comme "la Mie de Pain", dont les centres d'accueil sont déjà pleins et qui se voit contrainte de faire dormir sur des bancs les personnes en surnombre.

Dans la même interview, Stéfania Parigi explique les problèmes du numéro de téléphone d'urgence, le 115. Le standard ne permet de prendre que 14 appels en même temps, ce qui oblige à en laisser trois fois plus en attente. Le vendredi 18 novembre, le 115 n'a pu traiter que 700 appels sur les 7463 reçus, soit moins d'un sur dix. Avec le déménagement du Samu social dans de nouveaux locaux prévu fin novembre, un standard plus performant devrait pouvoir prendre en charge la moitié des appels reçus... On n'arrête pas le progrès!

Le gouvernement peut bien annoncer des "plans Hiver" qui, de toute façon, ne répondent que de manière bien insuffisante à la situation, quand ce ne sont pas tout simplement des effets d'annonce. La réalité est que, dans ce pays, un des plus riches du monde, il ne fait rien pour loger les SDF, alors qu'il existe des centaines de milliers de logements vides. Et c'est le même gouvernement, comme ses prédécesseurs, complices du patronat, qui sont responsables des licenciements, des bas salaires et de la précarité qui jettent à la rue des milliers de laissés-pour-compte. Le bilan de leur politique, c'est qu'il y a de plus en plus de pauvres privés du minimum vital. Et c'est cette politique qui tue, et pas seulement l'hiver, mais toute l'année!

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