Les confédérations syndicales et les suites du 4 octobre : Tous ensemble, tous ensemble... pour ne rien faire !21/10/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/10/une1942.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Les confédérations syndicales et les suites du 4 octobre : Tous ensemble, tous ensemble... pour ne rien faire !

Les confédérations syndicales CGT - CGT-FO - CFDT - CFTC CFE-CGC se sont réunies discrètement le 17 octobre, après deux semaines de réflexion, pour décider des suites qu'elles comptaient donner à la journée du 4 octobre. Si elles "se félicitent de la mobilisation plus forte que le 10 mars" et du fait "que le nombre important de manifestations du 4 octobre, leur ampleur et le soutien de l'opinion publique traduisent bien le mécontentement croissant des salariés du privé et du public", elles se sont mises d'accord pour... ne rien décider.

Les suites au 4 octobre seront donc pour plus tard. Quand? Le numéro deux de la CFTC a tout juste précisé: " On n'attendra pas Noël". Mais cette affirmation est peut-être un peu hâtive, puisqu'il a fallu déjà attendre sept mois et une rafale de nouvelles attaques contre le monde du travail, initiées par le patronat et le gouvernement, pour qu'après le "précédent succès" du 10 mars une nouvelle journée d'action soit organisée.

Tout cela n'empêche pas les cinq confédérations de s'adresser "solennellement au gouvernement pour que les rencontres annoncées se réalisent rapidement" et "aux employeurs pour que le résultat des négociations engagées ou à venir réponde aux revendications du public et du privé".

Pourtant on a vu comment les uns et les autres n'avaient tenu aucun compte du million de manifestants du 10 mars précédent, à partir du moment où aucune suite à ce mouvement n'était organisée. Les confédérations syndicales savent cela, et elles savent aussi que leur attentisme contribue à démobiliser leurs propres militants, et plus largement les travailleurs. Mais visiblement cela ne les gêne pas. Car elles ne cherchent nullement à s'engager dans une mobilisation de millions de travailleurs, pour préparer une véritable contre-offensive et mettre patrons et gouvernement à la raison.

Toutes en choeur, les confédérations syndicales demandent des "négociations". Mais si cela pouvait leur donner la satisfaction d'être invitées à participer à ces séances, que pourrait-il en sortir dans le contexte actuel? Et, devrait-on ajouter, surtout devant le spectacle de chefs syndicalistes montrant d'avance qu'ils ne sont pas prêts à mobiliser vraiment la classe ouvrière.

Bien évidemment, les centaines de milliers de travailleurs qui ont utilisé la journée du 4 octobre pour manifester et faire entendre leur volonté de mettre fin à la situation actuelle ont eu mille fois raison. Ils ont montré que la passivité ne vient pas des travailleurs, mais des sommets syndicaux.

Le grand patronat et le gouvernement ne craignent certainement pas ces dirigeants syndicaux là, mais les possibles réactions des travailleurs eux-mêmes. Ils savent que, si un mouvement puissant et décidé venait du plus profond de la classe ouvrière, qui subit aujourd'hui coup sur coup, le rapport de force changerait brutalement et qu'alors ils n'en mèneraient pas large.

Il n'y a qu'à voir comment le "flamboyant" Villepin est devenu tout d'un coup tout sombre et sans éclat, en annonçant des reculs du gouvernement, devant la grève déterminée et combative de la SNCM qui, grâce à son caractère décidé, a pu gagner l'opinion ouvrière de deux régions. Mais, dans ce cas-là aussi, les directions confédérales n'ont rien fait pour étendre le mouvement, ne serait-ce qu'à tous les secteurs menacés de privatisation.

Pourtant, le succès pour les travailleurs ne peut venir que d'une lutte devenant contagieuse et menaçant de s'étendre à toute la classe ouvrière. Et, si les dirigeants syndicalistes n'en veulent pas, les travailleurs devront l'imposer, s'ils ne veulent pas continuer à subir les mauvais coups du patronat et du gouvernement.

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