Charges sociales : Toujours des cadeaux aux patrons21/10/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/10/une1942.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Charges sociales : Toujours des cadeaux aux patrons

La droite, qui avait fait mine de s'indigner lorsque le gouvernement Jospin avait accordé de très grosses exonérations de cotisations sociales au patronat à l'occasion du passage aux 35 heures, a tout de même réussi, une fois revenue au gouvernement, à augmenter encore ces exonérations.

D'un montant de 18,2 milliards d'euros en 2001, elles ont atteint 20,1 milliards d'euros en 2004, et il est prévu qu'elles atteignent 22 milliards en 2005 et pas loin de 24 milliards d'euros en 2006.

François Fillon a instauré en 2003 un nouveau système d'allègements de charges sur les bas salaires, remplaçant les dispositifs antérieurs et plus avantageux. Ce système offre désormais à toutes les entreprises une réduction de charges sur tous les salaires en dessous de 1,6 smic, réduction qui peut aller jusqu'à 26% du salaire brut pour les plus bas salaires. Pour des salaires au smic, les patrons ne payent en réalité que 5% de charges sociales au lieu de 35%, la différence étant théoriquement prise en charge par l'État.

Et si cela représente l'essentiel des exonérations, il y a bien d'autres prétextes à alléger les charges patronales sous couvert de favoriser l'emploi: dégrèvements dans certaines zones géographiques, pour l'emploi de jeunes, de chômeurs de longue durée, pour les emplois à domicile, etc.

Il faut rappeler que chaque année 2 milliards d'euros de ces cadeaux au patronat ne sont pas remboursés par l'État à la Sécurité sociale, contribuant ainsi à déséquilibrer ses comptes. Manifestement l'État cherche maintenant à se débarrasser du remboursement à la Sécurité sociale des 20 milliards d'exonérations qu'il assure chaque année. Il est fortement question de ne plus faire figurer cette dépense dans le budget de l'État et de lui trouver de nouvelles sources de financement: "TVA sociale" que préconisent certains, nouveaux impôts, nouvelles taxes ou nouveau trou dans le budget de la Sécurité sociale, ou tout cela à la fois, il est certain que le gouvernement va continuer à faire les poches de la population pour payer des cadeaux de plus en plus coûteux au patronat.

Il serait temps, au contraire, d'obliger le patronat à payer ce qu'il doit: pour supprimer le forfait hospitalier, le nouveau forfait sur les soins coûteux et les autres ponctions opérées à tout propos sur les malades, pour rembourser correctement les médicaments et pour combler d'un coup le déficit de la Sécurité sociale!

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