Hewlett-Packard – Grenoble : Non aux suppressions d'emplois !22/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1938.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Hewlett-Packard – Grenoble : Non aux suppressions d'emplois !

Vendredi 16 septembre, à l'appel de l'intersyndicale, les salariés de Hewlett-Packard (HP) de l'usine d'Eybens (près de Grenoble) ont fait grève et manifesté, comme leurs camarades des autres sites de France, pour exprimer leur colère contre le plan de suppressions d'emplois d'un quart des effectifs, au niveau national comme au niveau local.

Le 9 septembre, la direction de ce géant de l'informatique avait annoncé 14 500 suppressions de postes au niveau mondial, dont 5 900 en Europe et 1240 en France (sur 4 800 salariés pour ce dernier pays). Le détail des suppressions d'emplois site par site n'est pas encore connu, mais la direction a laissé entendre qu'il serait aussi de l'ordre du quart, ce qui pour l'usine d'Eybens représenterait 500 salariés. Sur les 2000 salariés du site, uniquement des ingénieurs et techniciens, ils étaient 1200 à descendre dans la rue et à manifester jusqu'à la préfecture de l'Isère à Grenoble.

La mobilisation était donc massive. Le plan de la direction ne passe pas. Le sentiment de colère le dispute au sentiment d'écoeurement et d'injustice. En effet le groupe HP fait des bénéfices énormes : 3,5 milliards de dollars en 2004 et 1 milliard de dollars pour le dernier trimestre comptabilisé de 2005. Autre chiffre qui provoque l'indignation : la direction a dépensé 4,3 milliards de dollars en 2004 pour racheter ses propres actions, dans le seul but de faire monter encore plus leur cours. Il est clair pour tous les salariés que ce nouveau plan de suppressions d'emplois massives a pour seul but d'augmenter encore la marge bénéficiaire et la valeur des actions, avec le plus grand cynisme.

Comme le rappelait un salarié durant la manifestation, une semaine avant l'annonce du plan, le manager général européen de l'activité serveurs était venu à Eybens, à l'occasion d'un pot, pour féliciter les travailleurs sur leur activité et pour l'argent qu'ils faisaient gagner au groupe !

Par ailleurs, ce plan n'est pas le premier. En effet, suite à la fusion le 9 décembre 2002 du groupe HP avec le groupe Compaq, un plan de 1200 suppressions d'emplois avait frappé les usines françaises, dont 600 pour celle d'Eybens. Parmi les salariés alors concernés, 30% se trouvent encore en situation précaire, malgré les promesses de la direction.

Chacun considère donc ces licenciements comme inacceptables. À la manifestation étaient aussi présents des délégations de travailleurs d'autres entreprises, STMicroelectronics et Schneider, qui subissent actuellement des réductions d'effectifs, alors que ces entreprises font aussi de gros bénéfices. Il y avait aussi des salariés de l'entreprise Sanmina à L'Isle-d'Abeau, dans le nord-Isère, en lutte contre la fermeture programmée de l'usine et qui sont des ex-HP. En fait, et c'est une pratique qui devient habituelle, HP a sous-traité les licenciements à Sanmina en cédant en 2002 la branche fabrication d'ordinateurs de son usine de L'Isle-d'Abeau à cette entreprise, et 540 travailleurs HP étaient donc devenus Sanmina. Depuis, la fermeture pour 2005 de Sanmina a été annoncée et cet été 400 travailleurs ont déjà été licenciés.

Dans la manifestation, quelques dizaines d'élus locaux étaient également présents. L'entreprise HP a en effet bénéficié à plusieurs reprises de subventions, tant de l'État que des collectivités locales : Conseil général, municipalités. Le seul site d'Eybens a coûté 1,2 million d'euros aux contribuables, à part égale entre le Conseil général et la commune d'Eybens. Aujourd'hui, le président du Conseil général de l'Isère, le socialiste André Vallini, réclame à HP qu'il rembourse les sommes que le Conseil général lui a versées... mais cela ne l'empêche pas de continuer cette politique d'aide aux groupes capitalistes, comme c'est largement le cas avec STMicroelectronics à Crolles. Il déclare aussi que, si HP rembourse la somme, il affectera l'argent à l'accompagnement social des salariés licenciés ou... à des aides à l'installation d'autres entreprises !

Au début de la manifestation, devant l'entreprise, une militante syndicale a pris la parole pour rappeler l'objectif : lutter contre les 1240 suppressions d'emplois en France, 25% de l'effectif national. Elle a dit que l'heure n'était pas à la négociation d'indemnités de départ.

Les manifestants ont ensuite traversé la ville derrière une banderole " Pour nos emplois : ensemble dans l'action ", pour rejoindre la préfecture aux cris de " 1240, c'est inacceptable ! 25%, c'est inacceptable ! " et " HP en colère contre les actionnaires " et encore, slogan le mieux repris, " Y'en a marre des licenciements boursiers ". Les salariés de HP sont déterminés à continuer leur lutte, pour défendre leur gagne-pain.

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