GKN – Florange (57) : La colère des travailleurs22/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1938.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

GKN – Florange (57) : La colère des travailleurs

L'équipementier automobile GKN Driveline a décidé de fermer plusieurs usines dans le monde, ruinant l'emploi de 2500 travailleurs, en particulier aux USA et en France. Selon un journal britannique, l'Independent, il compte multiplier par deux la production de ses usines tchèques, slovaques et sud-américaines d'ici un an.

Le groupe GKN-Driveline est florissant : 39 600 salariés dans le monde, un chiffre d'affaires de 6,5 milliards d'euros et un bénéfice multiplié par 3,6 ! Mais les actionnaires en veulent encore plus et il a donc décidé, entre autres, de fermer d'ici à la fin de l'année les portes de son usine de Florange en Moselle. Elle emploie 220 salariés et fabrique des cardans pour l'automobile, et jusqu'en mai dernier les heures supplémentaires et les intérimaires étaient légion.

Tout le monde est révolté, dans cette usine qui n'a pas connu de grève depuis son ouverture en 1982. Seul y existe un syndicat autonome mais, depuis l'annonce du projet de fermeture fin juin, les actions n'ont pas cessé.

Le 6 septembre, les travailleurs de GKN manifestaient à Metz à la préfecture et au Conseil régional. La préfecture leur a promis de mettre en place une " cellule de crise " -va-t-elle envoyer des psychologues à GKN ?- tandis que le Conseil régional les a assurés de son soutien moral... préférant sans doute réserver le soutien financier pour apporter des subventions à des entreprises censées créer des emplois -comme GKN justement, venu dans le cadre de la reconversion de la sidérurgie.

La majorité des salariés ont traversé le pays pour aller rencontrer, le 14 septembre, les travailleurs de l'usine d'Arnage (750 salariés, près du Mans). Là-bas, la direction fait faire des heures supplémentaires, ce que les syndicats CFDT et CGT d'Arnage,qui avaient appelé à débrayer, ont dénoncé.

Le lendemain, le DRH du groupe et le directeur du site se sont fait copieusement conspuer à Florange par le personnel, qui leur a fait une haie d'honneur en hurlant " GKN assassin ". Le patron a eu le culot de tenter de se justifier en expliquant, selon L'Est Républicain : " Je ne peux rester inerte et mettre l'emploi en danger. " Comment appelle-t-il les 220 licenciements ? Une protection de l'emploi ?

Les délégués au Comité d'entreprise ont décidé d'attaquer en justice, contestant les raisons économiques des licenciements comme les mesures d'accompagnement proposées. En effet les propositions de reclassement sont une véritable escroquerie. En témoigne ce cadre, présent dans l'entreprise depuis son ouverture en 1982. Il a accepté de se rendre à Arnage : on lui a proposé un poste de " jeune ingénieur "... alors qu'il a vingt-trois ans d'ancienneté ! Et le reste est à l'avenant. D'ailleurs, ces mutations ressemblent à des licenciements différés, tout laissant penser qu'Arnage connaîtra sous peu le sort de Florange.

Les travailleurs veulent " partir dignement ", c'est-à-dire avec des indemnités conséquentes. Une banderole réclame 7000 euros par année d'ancienneté, bien plus que les trois mois de salaire pour 18 ans d'ancienneté proposés jusqu'ici par la direction.

GKN aurait largement les moyens d'assurer un salaire à tous les licenciés jusqu'à leur retraite. Pour l'instant, GKN veut gagner le beurre -en allant faire produire moins cher ailleurs- et l'argent du beurre -en licenciant pour rien en Moselle : la fermière n'est pas d'accord.

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