Non aux expulsions ! des logements pour tous !08/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1936.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Non aux expulsions ! des logements pour tous !

Après le nouvel incendie de l'immeuble de la rue du Bois-Doré qui a fait de nouveau sept morts, tous Ivoiriens, mardi 30 août, Sarkozy a lancé qu'il allait «fermer tous ces squats et tous ces immeubles pour arrêter ces drames». Sur le ton agressif qui lui est familier, le ministre de l'Intérieur annonçait, non pas une mobilisation immédiate contre la situation dramatique des mal-logés de la capitale et de la banlieue, mais une opération de police contre les victimes de l'habitat insalubre.

Les incendies meurtriers ont révélé l'importance du nombre de ces taudis sans eau, sans électricité, sinon bricolée, parfois envahis par les rats, dans lesquels s'entassent des familles entières. Les reportages ont largement rendu public le fait qu'il ne s'agissait pas toujours de squats, loin de là, et que des loyers parfois exorbitants étaient réclamés par les propriétaires marchands de sommeil. Mais au lieu d'aider les victimes de cette situation, Sarkozy se déchaîne contre elles. Et il en profite pour faire la chasse aux sans-papiers se trouvant parmi les mal-logés, appartenant pour l'essentiel à des familles immigrées, le plus souvent africaines. En France, dans ce pays l'un des plus riches du monde, il ne fait pas bon être travailleur et noir de peau, ou de type maghrébin, asiatique ou autre. Expulsés de leur abri, des immigrés risquent aussi d'être expulsés du pays.

Sous prétexte de «mettre en oeuvre un dispositif d'urgence pour prévenir de nouveaux sinistres», selon les termes de la Préfecture de Police de Paris, les CRS ont procédé à des expulsions dès le lendemain des déclarations de Sarkozy, dans le 10e arrondissement, puis le vendredi, dans le 14e et dans le 19e. Et Sarkozy n'entend pas s'arrêter là puisque, selon la presse, une liste d'une soixantaine d'immeubles à faire évacuer manu militari aurait été dressée. D'ores et déjà, cinq nouvelles expulsions sont annoncées pour les jours prochains. Quant au relogement des personnes privées de toit, c'est une autre histoire.

Les familles victimes des incendies auraient été relogées avec leur accord. Mais toutes les autres, expulsées ou menacées de l'être, sous prétexte de prévention des sinistres, que vont-elles devenir? Pour l'instant, de vagues promesses ont été faites, qui risquent de ne se concrétiser que dans six mois ou... six ans, voire jamais. Il n'y a que trop d'exemples d'hébergements provisoires devenus définitifs pour croire que Sarkozy, le gouvernement ou tous les autres, de la mairie de Paris, de la Région et d'ailleurs, mettront en oeuvre, immédiatement, les fonds et les moyens nécessaires au relogement correct de tous. Pourtant, ces fonds et ces moyens existent. Les quatre milliards prévus pour les Jeux Olympiques pourraient servir à construire et à faire les travaux de réfection indispensables pour résoudre dans l'urgence le dénuement de tant de familles mal logées. Sans parler des 40000 logements vacants dans Paris, que le préfet de police, sous l'autorité de Sarkozy, pourrait réquisitionner immédiatement.

Mais, en fait de dispositif d'urgence, Sarkozy se sert de la situation créée par les incendies pour donner satisfaction à de grosses sociétés immobilières, à des promoteurs qui, parfois depuis très longtemps, essayaient de se débarrasser de locataires qui trouvaient refuge dans leurs immeubles, malgré les dégradations, malgré la vétusté, malgré les risques encourus. Car ces immeubles pouvaient donner lieu à de juteuses opérations immobilières. Au passage, Sarkozy racole sur les terres de l'extrême droite, en désignant les plus pauvres, les immigrés, comme des gens dont il faut se débarrasser. Ce n'est pas une guerre aux taudis dans Paris et alentour que Sarkozy a engagée, mais bien une véritable chasse contre les mal-logés.

Samedi dernier, à Paris, des milliers de personnes ont manifesté leur solidarité avec les mal-logés, en particulier avec les travailleurs immigrés. Face au gouvernement et aux sbires de Sarkozy, cette solidarité ne doit pas faiblir car, comme le scandaient des manifestants, «des logements décents pour tous, c'est tous ensemble qu'on pourra l'imposer»!

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