La Poste Centre de tri J.J.Bosc – Bordeaux-Bègles : La Poste condamnée à réintégrer deux syndicalistes08/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1936.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Poste Centre de tri J.J.Bosc – Bordeaux-Bègles : La Poste condamnée à réintégrer deux syndicalistes

Fin août, le tribunal administratif de Bordeaux a suspendu la sanction d'exclusion temporaire de fonction pour deux syndicalistes SUD du centre de tri. Ces militants avaient été exclus de La Poste pour une durée respectivement d'un an et de six mois. Ils font partie des 14 militants syndicaux dont La Poste a voulu faire un exemple en les sanctionnant lourdement (jusqu'à deux ans d'exclusion ferme et le licenciement du camarade contractuel) en juillet dernier.

Les 14, avec 150 à 200 de leurs collègues, s'opposaient depuis début avril à un plan de suppressions d'emplois sur le centre de tri. Et le 25 mai les agents du centre dans les brigades de nuit, excédés par l'attitude de la direction, avaient retenu à la fin d'un CHSCT cinq membres de la direction du centre de tri en leur demandant d'ouvrir enfin des négociations, ce à quoi la direction régionale avait répondu en faisant intervenir le GIPN et en portant plainte contre neuf postiers pour «séquestration».

Pour les deux camarades réintégrés, le juge du tribunal administratif a estimé, en référé, en urgence et sur la «forme», que la procédure disciplinaire de La Poste était irrégulière car elle ne s'appuie que sur des constats d'huissier faits sur la seule foi et les seuls dires de cadres du centre. Ils pouvaient ainsi leur donner les noms qu'ils voulaient. Et ils ne se sont pas privés de donner aux huissiers les noms des militants qui s'opposaient le plus fermement à son plan de suppressions d'emplois! Faire venir les huissiers au moindre incident, cela a été pendant le conflit une pratique régulière pour faire pression sur les agents.

En suspendant les sanctions de ces deux postiers, le juge a obligé La Poste à leur payer les salaires dus depuis juillet, à payer 1000 euros pour les frais en justice et surtout à les réintégrer au centre de tri, ce qu'ils ont fait, pour la plus grande satisfaction de leurs collègues, les 4 et 5 septembre derniers! La suspension de la sanction est maintenue jusqu'au jugement sur le «fond», ce qui prendra des mois, ou jusqu'à une décision du conseil d'État devant lequel La Poste a fait appel.

Le tribunal administratif n'a pas remis en cause la régularité de trois autres procédures disciplinaires concernant des militants de SUD. Quatre dossiers ont été déposés par la CGT et n'ont pas encore été examinés. Les syndicats contestent aussi les sanctions sur «le fond» ce qui sera examiné par le tribunal plus tard. Le camarade contractuel, militant syndical CNT, qui a été licencié entame lui une procédure devant les Prud'hommes. Les plaintes devant la justice pénale déposées par La Poste contre neuf des syndicalistes, quant à elles, courent toujours.

Ce qui est certain, c'est que la volonté de sanctionner de La Poste vise à faire un exemple, dans l'espoir de faire mieux passer, à Bègles et ailleurs dans le pays, ses projets de réorganisation en vue de la privatisation à venir.

Au centre de tri de Bègles, la direction en est à sa sixième «proposition» de plan de «réorganisation», alors que le jour des événements elle avait affirmé qu'il n'y avait de possible que ce qu'elle avait proposé jusque-là. La sixième mouture, toujours contestée par les agents de la nuit, prévoit 31 suppressions d'emploi au lieu de 40 annoncées précédemment. Les cadres, de leur côté, tentent d'appliquer avant l'heure les suppressions d'emplois en modifiant les chantiers et les tâches. Mais ces mauvais coups à la petite semaine sont restés lettre morte, les agents ne dérogeant pas de leurs positions de travail.

Et si la réintégration de nos deux camarades énerve profondément les dirigeants du centre, qui ont ressorti leurs sanctions et menaces, nous, cela nous a remonté le moral d'un cran! Et nous continuons de réclamer l'annulation de toutes les sanctions prononcées.

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