Chocolateries Lindt Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) : Ce n’est pas Noël pour les ouvrières08/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1936.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Chocolateries Lindt Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) : Ce n’est pas Noël pour les ouvrières

En plein mois d'août, aux chocolateries Lindt à Oloron, on prépare déjà les chocolats de Noël. Si toute l'année quelque 200 travailleurs permanents produisent le chocolat en tablettes qui approvisionnent la consommation courante, c'est de mai à novembre que 500 saisonniers préparent les ballotins de Noël.

Les permanents sont en majorité des hommes, qui entretiennent également les machines, tandis que les saisonniers sont essentiellement des femmes. Et c'est en 32 heures par semaine, avec un sous-smic, que les ouvrières doivent sortir la production: chacune remplit un ballotin de chocolats toutes les deux minutes, 12000 ballotins par jour pour l'équipe. Pour toutes, il s'agit de tenir la cadence pour espérer être réembauchées l'année suivante.

Cette année, le patron n'a pas eu de mal à trouver des femmes volontaires pour travailler leurs 32 heures en quatre nuits, comme la loi le lui permet. Mais seules les plus jeunes se sont portées volontaires, car le travail est très dur. Et si le salaire est meilleur la nuit, peu imaginent pouvoir tenir longtemps, surtout avec des enfants.

Comment vivre avec un sous-salaire que l'on ne touche qu'en septembre? Depuis quatre ans, durant les mois de chômage, les saisonnières touchent 400 euros en moyenne, selon le coefficient du salaire. Une ouvrière précise: «Comme nous sommes saisonnières, reprises chaque année, nous n'avons théoriquement pas droit aux indemnités de chômage. Combien de temps cette «concession» nous sera-t-elle accordée, surtout aujourd'hui où les lois ne cessent de changer? Rien n'est assuré! Avec de tels salaires, on ne peut rien prévoir, on ne peut avoir aucun projet!»

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