Immigration : Quand Sarkozy fait du Le Pen10/06/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/06/une1923.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Immigration : Quand Sarkozy fait du Le Pen

Lundi 6 juin, Sarkozy en visite dans des commissariats de Seine-et-Marne déclarait, en même temps que ses bonnes intentions vis-à-vis d'une "immigration choisie", sa volonté de faire la guerre à ceux qu'on appelle les sans-papiers, des travailleurs étrangers qui bien souvent travaillent et vivent dans ce pays depuis des années.

Sarkozy tient sans doute à se faire bien voir de l'électorat de droite le plus réactionnaire et ses propos n'avaient rien à envier à Le Pen et ses amis. "La France n'a pas vocation à accueillir tous les sans-papiers. J'en ai assez de ces détournements de procédures et des mariages blancs" a-t-il affirmé. Et d'ajouter: "Je n'accepterai pas les clandestins, je les ferai raccompagner chez eux". C'est ce que faisaient d'ailleurs les gouvernements précédents qui se vantaient d'atteindre leurs objectifs en matière d'expulsions.

Pendant ce temps, à Paris, boulevard Malesherbes, près du ministère de l'Intérieur, une cinquantaine de sans-papiers ont passé la journée à manifester devant des bureaux dépendants de Sarkozy. Depuis des mois la "XIe Coordination-Romain Binazon" qui a déposé 135 dossiers de demandes de régularisation auprès de la Préfecture de Paris n'obtient aucune réponse, ni de la Préfecture ni du ministère de l'Intérieur. Et cela, malgré de multiples courriers et démarches de sa part.

Aussi, une nouvelle fois, ce lundi 6 juin à 10h, des sans-papiers venaient-ils demander une audience. Mais à peine avaient-ils sonné au portail que des policiers en civils intervenaient, suivis dix minutes après par cinq camionnettes de police. Malgré la pluie, les familles d'origine chinoise, avec les bébés dans les poussettes, encerclées par une cinquantaine de policiers, sont restées pour obtenir un rendez-vous afin que leurs dossiers soient traités. En vain! A 17h, les policiers les ont évacués en les poussant jusqu'à la bouche de métro Saint-Augustin.

Ce genre de faits se passent dans de nombreux départements, les préfectures ne répondant pas aux demandes de régularisations formulées par les associations.

En fait ce que les gouvernements voudraient, c'est que les sans-papiers retournent tous à la clandestinité, cessent de s'organiser et restent des exploités sans droit.

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