Fonderie Bréa Vaux (Allier) : En grève pour 120 euros10/06/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/06/une1923.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Fonderie Bréa Vaux (Allier) : En grève pour 120 euros

Depuis le jeudi 2 juin, 90% des 540 ouvriers de l'usine de Bréa sont en grève pour les salaires. De mémoire d'ouvrier, c'est la première fois qu'une telle grève éclate dans cette fonderie qui fabrique des pièces en aluminium, essentiellement pour l'automobile.

Il faut dire que lors de la réunion annuelle sur les salaires, le patron a refusé les demandes de la CGT. Certes, il proposait 41 euros d'augmentation de salaire et acceptait de donner 4 euros pour la prime de poste et 8 pour celle de nuit. Mais dans cette fonderie aux conditions de travail très dures, aux salaires tournant autour de 1000 euros par mois pour travailler en trois-huit, où la direction a l'habitude de traiter les travailleurs par le mépris, ce refus a été ressenti comme une vexation de plus et une provocation.

Du coup, le jeudi 2 juin, à la prise de poste de nuit, 90% de l'équipe se mettait en grève. Idem le lendemain aux changements de poste du matin et du soir.

La réaction du patron ne s'est pas fait attendre: dès vendredi, il faisait distribuer une lettre aux salariés où il leur disait qu'il comprenait leurs revendications, mais que ce n'était pas le moment et que la grève mettait l'entreprise en péril. Ce n'est pourtant pas le langage qu'il tient aux journalistes, auprès de qui il se vante de la bonne marche de son entreprise. Quant à discuter avec les salariés de leurs revendications, le patron leur a dit qu'il fallait qu'ils reprennent le travail d'abord. Depuis, plus de nouvelles, il a disparu de la circulation, astiquant peut-être sa légion d'honneur toute fraîche, reçue il y a une quinzaine de jours des mains d'un sous-ministre.

La grève s'est poursuivie le week-end des 4 et 5 juin et s'est renforcée le lundi matin avec des hésitants qui ont quitté leur poste sous les acclamations de leurs camarades.

Les grévistes installés aux portes de l'usine ont reçu la visite des militants des entreprises de Montluçon et des alentours venus apporter leur soutien. Comme le dit leur tract, "Les salaires de misère à Bréa, ça suffit!"

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