Hôpital psychiatrique Sainte-Anne (Paris) : Fermeture de la Chirurgie20/05/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/05/une1920.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Hôpital psychiatrique Sainte-Anne (Paris) : Fermeture de la Chirurgie

Les malades mentaux peuvent avoir besoin, comme n'importe qui, d'une intervention chirurgicale. Le service de chirurgie générale de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, avait l'originalité d'être adapté et réservé aux malades mentaux, ce qui facilitait leur prise en charge. Le personnel, formé à la psychiatrie, savait comment aider les malades à accepter les soins, à force de patience et d'expérience. Malheureusement, ce service vient d'être supprimé.

Au milieu des années 1980, l'encadrement commença à parler de fermeture de ce service spécialisé, sous prétexte que partout ailleurs les malades mentaux étaient opérés dans les hôpitaux généraux, ce qui allait dans le sens de leur «insertion sociale». En fait, c'était surtout pour des raisons d'économies: «Cela coûte trop cher. La double pathologie psychiatrique et chirurgicale réclame trop de personnel», entendait-on.

Obstinément, l'équipe de ce service, toutes catégories confondues (infirmières, aides-soignants, agents, etc.), a défendu le maintien de son activité. Il y a eu de multiples démarches auprès du directeur de la DASS et du ministère de la Santé. Face à une mobilisation tenace, la direction de l'hôpital a reculé la fermeture pendant des années. Néanmoins, elle a diminué petit à petit le nombre de lits qui, d'une quarantaine, sont tombés à quatorze, tout en prenant volontairement de moins en moins de malades. Alors la direction de l'hôpital s'est mise à ne plus remplacer les départs en retraite, réduisant peu à peu personnel et chirurgiens, jusqu'à la fermeture totale de mars 2005, avec redéploiement du personnel restant vers d'autres services.

Les conséquences négatives de cette fermeture se font sentir dans tout l'hôpital. Par exemple, alors que les services psychiatriques manquent de personnel, il faut qu'une infirmière parte accompagner un malade à Cochin, l'hôpital général le plus proche, et reste à ses côtés, souvent une demi-journée. Au retour d'une opération chirurgicale, les soins de suite posent souvent problème. Pour l'instant, le seul palliatif trouvé par la direction est la mise en place de consultations par un généraliste dans l'hôpital.

Pour tous les anciens de l'équipe de la «chir», c'est la tristesse et l'amertume de voir disparaître un service qui apportait un plus aux malades mentaux. Mais donner du fil à retordre à la direction de l'hôpital, pour défendre leurs conditions de travail et refuser une politique de restrictions budgétaires, les a soudés entre eux, et cela reste un atout pour l'avenir.

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