Stradal-Saint-Gobain Comines (Nord) : Une grève déterminée12/05/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/05/une1919.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Stradal-Saint-Gobain Comines (Nord) : Une grève déterminée

À l'entreprise Stradal, la totalité du personnel de production, cinquante ouvriers, vient de mener une grève de plus de 50 jours.

Cette entreprise de 78 salariés, située à Comines, à la frontière belge, fabrique des produits en béton, canalisations d'assainissement, bordures de trottoirs... Son principal actionnaire est Saint-Gobain.

Après un premier blocage des portes, la direction ne proposant qu'une augmentation de 3%, bien insuffisante, la grève a commencé le 17 mars. Les revendications étaient: le treizième mois, 4,5% d'augmentation, la revalorisation de différentes primes et l'embauche des intérimaires.

Le personnel des bureaux et les commerciaux étaient envoyés sur d'autres sites, les travailleurs bloquaient les portes d'entrée de l'entreprise 24heures sur 24.

La direction essaya de les intimider avec des huissiers passant de manière régulière, en envoyant des lettres à l'ensemble du personnel, en les assignant au tribunal pour trois d'entre eux. Au lieu d'intimider les grévistes, cela a renforcé leur détermination.

Pour prouver que la grève mettait l'entreprise en péril, la direction déclarait qu'elle perdait 40000 euros par jour. Les grévistes se disaient que, si elle pouvait perdre autant, c'était qu'elle n'avait aucune difficulté à satisfaire leurs revendications. Après quelques réunions, soi-disant de conciliation, où la direction ne lâchait rien, les salariés ont décidé à partir du 2 mai de sortir de l'usine, de s'adresser à la population. Ils ont fait savoir par voie de presse qu'ils iraient aux portes des entreprises afin de s'adresser aux autres travailleurs, qui ont tous les mêmes problèmes qu'eux.

C'est peut-être cela qui a décidé la direction générale à bouger un peu. Le DRH de Saint-Gobain Cergy-Pontoise est alors venu négocier un accord, finalement accepté par les grévistes.

Les travailleurs gagneront donc, à la suite de ces cinquante jours de lutte, 55 à 60 euros net d'augmentation par mois; il y aura cinq embauches dans l'année. Sur 38 jours ouvrables en grève, la direction en paye 15, le reste pourra être en partie récupéré ou pris sur les RTT, les poursuites judiciaires seront abandonnées.

Les travailleurs sont contents d'avoir fait reculer cette direction qui paraissait inflexible. Ils sont heureux aussi d'avoir "commencé ensemble et repris ensemble". Et certains disent qu'il faudra remettre ça pour le treizième mois!

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