Vistéon Gondecourt (Nord) : Notre santé passe avant leur production!31/03/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/04/une1913.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Vistéon Gondecourt (Nord) : Notre santé passe avant leur production!

L'entreprise Vistéon de Gondecourt, près de Lille, produit des tableaux de bord, des panneaux de portes et diverses pièces d'intérieur de voitures, pour toutes les grandes marques automobiles, avec un millier de salariés sur trois sites et près de 150 intérimaires.

C'est un trust mondial appartenant à Ford jusqu'en 1999 -leurs liens restent très nombreux- exploitant 77000 salariés.

Ici aussi, la production augmente au détriment des conditions de travail et de notre santé. Sous prétexte d'"ergonomie", les chefs des "Méthodes" chronomètrent tous nos gestes puis concoctent une nouvelle organisation du travail qui augmente la productivité. Chaque fois, cela se traduit par une suppression de postes et un ajout de travail à ceux qui restent. Ainsi, les cadences augmentent toujours.

La sécurité n'est pas le souci de la direction. Les allées sont constamment encombrées. Dans ces conditions, les accidents ne sont pas rares: deux caristes se sont heurtés il y a peu de temps et l'un d'eux a été blessé.

L'usine est dangereuse: en février, une alerte chimique s'est produite dans un secteur où sont regroupés des produits toxiques. Un fût s'était mis à gonfler, sans doute à cause d'un mélange de produits. Des pompiers de toute la région ont été appelés, notamment ceux de la Cellule Mobile d'Intervention Chimique de Lille. La direction a eu peur, mais c'était un peu tard pour penser à la sécurité, nous avons eu de la chance.

La direction se vante du taux de fréquence et de gravité des accidents en baisse, voire nul comme à l'Injection où elle vient de nous offrir... une "lampe de secours" pour voiture pour fêter le soi-disant "zéro accident" de l'année. En réalité, sous les pressions, beaucoup d'accidentés viennent au travail: il n'est pas rare de voir des salariés avec un bras dans le plâtre ou même avec une jambe cassée. Cela permet à la direction de baisser ses cotisations accidents à la Sécurité sociale. En ce moment, un responsable de production vient même en chaise roulante, avec une jambe plâtrée; mais lui, l'usine le chouchoute: le chauffeur de l'usine vient le chercher, le ramène, va lui chercher un plateau-repas... Par contre lorsqu'on est reconnu comme handicapé "Cotorep" et qu'on a droit à un poste aménagé, le patron prétend qu'il n'y en a pas.

Même devant un accident, le premier réflexe des responsables c'est les économies: un camarade qui a eu récemment un accident grave au doigt a été transporté en taxi à l'hôpital le plus proche, au lieu d'appeler un ambulancier pour qu'il l'emmène dans la clinique spécialisée "SOS Mains" qui n'est pourtant pas loin.

Beaucoup de camarades ont des tendinites à cause des pinces manipulées à longueur de journée pour couper les carottes d'injection des tableaux de bord: elles sont vite en mauvais état mais quand on demande une pince neuve, on nous répond qu'elle coûte 15 euros... Apparemment la direction estime que nos tendons, eux, ne lui coûtent rien.

Face à cela, il y a des réactions, et des délégués du CHSCT interviennent. La direction fait alors semblant de faire quelque chose, elle fait mettre des pancartes "danger" sur des machines qui devraient être réparées. Nous en avons vu l'efficacité le jour où nous avons retrouvé une feuille "danger" datant d'il y a un an, alors qu'on attend toujours les réparations.

Pour finir, quand on sait que pour tout cela les salaires tournent autour de 1200 euros net quand on a beaucoup d'ancienneté, on comprend que le ras-le-bol est grand dans l'usine et pourrait finir par exploser.

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