Le passé du PS : Une longue liste de projets25/03/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/03/une1912.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le passé du PS : Une longue liste de projets

Les chefs du PS à l'origine du «diagnostic» élaboré pour préparer le «projet pour 2007» parlent de leur volonté d'établir un programme «authentiquement réformiste», car pour eux, entre 1997 et 2002, «nous ne sommes allés ni assez loin, ni assez vite». Quelque temps encore, et ces messieurs vont nous dire qu'il faut «changer la vie» et «faire payer les riches».

Ils ont tellement de métier en la matière! Leur grand maître à tous, Mitterrand, ne déclarait-il pas en 1971, lors du congrès de fondation du PS actuel: «Réforme ou révolution? J'ai envie de dire (...): oui, révolution. Et je voudrais tout de suite préciser (...) que pour moi, sans jouer sur les mots, la lutte de chaque jour peut-être révolutionnaire...»

Un an plus tard, le Programme commun de gouvernement, cosigné par Mitterrand, affirmait la volonté des signataires d'«ouvrir la voie au socialisme». En 1979, celui-ci déclarait toujours qu'il ne peut y avoir de politique du PS «sans s'attaquer directement aux motifs et aux causes de l'exploitation».

En 1980, le Projet socialiste pour la France élaboré par le PS prétendait encore vouloir «libérer les travailleurs de l'exploitation qu'ils subissent». L'année suivante, le manifeste adopté affirmait qu'«il n'est pas, dans la société industrielle, de libération de l'homme qui ne commence par sa libération des structures imposées par le capitalisme»!

Et voilà que le Parti Socialiste, renouant, après des décennies d'abstinence, avec les délices de la gestion gouvernementale, abandonna ses envolées contre l'exploitation, dans le même temps où il prenait en charge les exigences du patronat. Nombre des 110 propositions de la campagne Mitterrand de 1981 furent abandonnées. Dès l'année suivante, le gouvernement Mauroy inaugurait les mesures de rigueur contre les classes populaires, qui ne cessèrent plus.

Le PS ne fait donc plus depuis longtemps dans le genre «effet de tribune». Avec son projet «authentiquement réformiste», on en est bien loin. Ce qui n'exclut pas, nécessité oblige, que les dirigeants du PS ou, en son sein, l'un ou l'autre des candidats à la candidature, ne retrouvent la voie du radicalisme verbal.

Comme l'a dit un notable du PS à propos de ce nouveau projet pour 2007: «Les socialistes ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils parlent de projet. La difficulté, c'est de le mettre en oeuvre quand on est au pouvoir.» On ne peut mieux dire.

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