La Poste – Paris Louvre : La précarité institutionalisée!25/03/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/03/une1912.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Poste – Paris Louvre : La précarité institutionalisée!

Le bureau de poste de Paris Louvre compte aujourd'hui 300 contractuels sur les 1400 personnes qui y travaillent. Au service de la collecte où l'on va chercher le courrier dans les entreprises, c'est ainsi le cas de la moitié des chauffeurs.

Après sept ans d'ancienneté, un chauffeur manutentionnaire en CDI gagne 1120 euros par mois primes comprises, soit une centaine d'euros de moins que s'il était fonctionnaire. Ce salaire très bas incite d'ailleurs une partie des chauffeurs à aller voir ailleurs qu'à La Poste.

Chez les facteurs, La Poste a multiplié depuis cinq ans le recrutement de travailleurs contractuels. Ils constituent un quart de l'effectif. Une injustice parmi tant d'autres illustre les libertés que La Poste prend avec le code du travail. Parmi les facteurs, certains sont titulaires de leur tournée et d'autres, les rouleurs, changent de tournée au gré des absences. Ceux-ci ont une prime spécifique. La Poste fait très souvent appel à des CDD pour ce travail, cela peut même durer plusieurs mois, parfois des années. Elle ne leur donne pourtant pas la prime en question. Ce serait de sa part reconnaître qu'elle embauche sur des postes permanents des collègues en CDD!

De manière générale, bien des postiers en CDI sont passés par des mois, voire des années, de CDD. La Poste, qui embauchait en CDD sans le permis de conduire, l'exigeait par exemple pour passer en CDI, même pour faire des tournées à pied. Pour ces camarades-là, essayer d'obtenir un contrat moins précaire a voulu dire dépenser une partie de leur salaire à passer leur permis, sans même être sûrs que l'embauche serait au bout. Cette situation n'est pas toujours restée sans réaction du personnel. Au bureau du Louvre, des débrayages voire des grèves ont imposé l'embauche de CDD en CDI.

Comme au niveau national, la direction du bureau déclare aujourd'hui vouloir réduire la précarité. Mais une restructuration avec réduction d'effectifs est prévue prochainement, et la direction a annoncé qu'elle aurait recours à de nouvelles embauches en CDD jusqu'à ce moment-là. Le motif en sera: «attente de restructuration». Après quoi elle voudra les renvoyer à l'ANPE!

Mais cela, il ne sera pas question de l'accepter.

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