Dunkerque : Cinquième marche pour un procès des empoisonneurs25/03/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/03/une1912.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Dunkerque : Cinquième marche pour un procès des empoisonneurs

Mercredi 16 mars, il y avait 500 manifestants pour la cinquième marche des «veuves de l'amiante» autour du palais de justice de Dunkerque depuis le mois de décembre.

Les manifestantes exigent toujours que ceux qui sont responsables de la mort de leur mari, du fait d'une maladie due à l'exposition à l'amiante durant son travail, soient traduits devant le tribunal correctionnel, ce qu'ont refusé un juge d'instruction de Dunkerque en décembre 2003, puis la cour d'appel de Douai en juin 2004.

De nombreuses délégations de travailleurs étaient présentes: des sidérurgistes des environs, de l'usine des Dunes, de Sollac Dunkerque et Mardyck; des métallurgistes d'Alstom-Power (anciennement Stein) de Lys-lez-Lannoy; des travailleurs d'EDF-Gravelines; des associations de victimes de l'amiante d'Ile-de-France et de Picardie; des salariés de l'arsenal de Cherbourg, des Verreries d'Aniche (près de Douai) et d'Arc International (près de Saint-Omer).

Récemment, quatre salariés d'Arc International ont engagé des poursuites devant le tribunal des affaires de la Sécurité sociale de Boulogne, pour faute inexcusable de l'employeur, dans cette entreprise qui utilisait couramment l'amiante. Plus de vingt autres dossiers devraient suivre, concernant les cancers dus à l'amiante. Les patrons de cette verrerie, qui emploie plus de 10000 personnes à Arques, connaissaient les risques qu'ils faisaient prendre aux salariés. Aujourd'hui, de nombreux salariés de l'entreprise sont malades. D'autant plus que des maladies professionnelles peuvent aussi se développer avec les fibres céramiques, largement utilisées aussi.

À la fin de la manifestation, le responsable de l'association de défense des victimes de l'amiante de Dunkerque s'est prononcé pour une révision de la loi présentée par le sénateur UDF Fauchon et votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale et au Sénat en juillet 2000, sous le gouvernement Jospin. C'est en effet cette loi sur les «délits non intentionnels» qui a été invoquée par le juge d'instruction de Dunkerque pour ne pas poursuivre les patrons empoisonneurs. Le responsable de l'association a indiqué que, sur 900 parlementaires contactés par courrier, seuls vingt avaient répondu à ce jour, treize s'étant prononcés pour la révision de la loi Fauchon et ayant signé un engagement. Il a de nouveau appelé à une manifestation nationale à Paris devant le ministère de la Santé.

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