Participation et intéressement : Pas de quoi calmer les salariés mécontents17/03/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/03/une1911.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Participation et intéressement : Pas de quoi calmer les salariés mécontents

Raffarin propose pour répondre au mécontentement des salariés du privé "une relance de la participation et de l'intéressement". Ce n'est pas une nouveauté. Depuis déjà longtemps, les patrons choisissent, plutôt que d'augmenter les salaires, de payer diverses primes.

Le montant des primes de participation et d'intéressement est censé être fonction des résultats de l'entreprise. La prime de participation est obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés et fixée selon un mode de calcul complexe. Elle est très avantageuse pour les patrons puisqu'elle est exonérée de cotisations sociales patronales. Le gouvernement parle depuis quelques temps de l'étendre aux plus petites entreprises et de revaloriser son calcul.

Quant à la prime d'intéressement aux bénéfices, elle est censée varier en fonction des résultats de l'entreprise. Mais seul le patron en fixe le montant, de même que les conditions pour la toucher, sans qu'aucun contrôle soit vraiment posssible. Son montant varie ainsi souvent en fonction de l'assiduité du salarié ou de ses "bons" résultats. Cela donne un prétexte de plus aux patrons pour faire pression sur les travailleurs. Il faut ajouter à ce tableau que les intérimaires n'en bénéficient pas.

La part des primes dans la rémunération a tellement augmenté que, sans elles, bien des salaires seraient en dessous du Smic. Avec ce système, 80% des minimas sociaux dans les branches professionnelles sont aujourd'hui en dessous du Smic. Par ailleurs, les cotisations sociales non prélevées sur les primes sont autant de moins pour les caisses de la Sécurité sociale... que l'on demande ensuite aux salariés de renflouer.

Alors ce n'est certainement pas cette proposition de Raffarin qui va répondre au mécontentement des travailleurs sur les salaires.

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