Massacres coloniaux français : Des excuses qui ne valent pas cher17/03/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/03/une1911.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Massacres coloniaux français : Des excuses qui ne valent pas cher

L'ambassadeur de France en Algérie a, dans une déclaration du 27 février, parlé des "massacres du 8 mai 1945 (à Sétif, en Algérie): une tragédie inexcusable". Il faisait référence à la période allant du 8 au 22 mai 1945 pendant laquelle l'armée française a massacré des milliers d'Algériens (les estimations varient de 10000 à 45000 morts).

Le 8 mai 1945, jour de la victoire des Alliés, une manifestation arbora le drapeau national algérien, exprimant l'espoir que la fin de la guerre apporte l'indépendance à l'Algérie. Un policier tira, la manifestation se transforma en émeute et 29 européens furent tués. La répression fut féroce: exécutions en masse, villages mitraillés par l'aviation ou rasés par l'artillerie de marine. Le gouvernement français tout entier, y compris les ministres du PS et du PCF, fut solidaire des massacreurs. La France voulait garder ses colonies, le gouvernement employait donc les moyens nécessaires pour y parvenir, ce n'était pas une bavure mais une tentative délibérée d'extirper par la terreur toute idée d'indépendance.

Soixante ans après quel sens peuvent bien avoir des excuses? L'État français regrette-t-il de n'avoir pas su faire une colonisation propre, une dictature sans violences, une oppression sans massacres, une société d'injustice sans répression? Va-t-il même finir par demander un jour des excuses pour le million de morts de la guerre d'Algérie?

Ce genre d'excuses, qu'on nous sert quelques dizaines ou quelques centaines d'années après les atrocités (massacres dans les colonies, traite des Noirs, rafle des juifs parisiens par la police française etc.) sont là pour nous faire croire qu'aujourd'hui l'État français se comporterait autrement. Mais c'est le même État, au service de la même classe sociale, avec la même armée, fière de ses traditions coloniales et protégeant ses tortionnaires, et capable des mêmes crimes. Par exemple, combien de temps faudra-t-il attendre pour savoir ce que font exactement les militaires français au Rwanda ou en Côte-d'Ivoire et ce que font les troupes armées et encadrées par les Français dans les dictatures africaines, protectrices des intérêts locaux des capitalistes français?

Partager