Mairie de Tours : Effectifs minimums, secteur privé choyé17/03/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/03/une1911.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Mairie de Tours : Effectifs minimums, secteur privé choyé

Comme partout ailleurs, à la mairie de Tours, la mode est à la compression des personnels. Cela n'est pas sans conséquence sur les services offerts à la population et les conditions de travail des agents. Et si la municipalité (PS depuis 1995) ne manque pas une occasion de mettre en avant le fait qu'aucun service n'est privatisé, l'insuffisance des effectifs fait que, de manière insidieuse, des tâches sont bel et bien confiées à des entreprises privées.

La mairie de Tours, ce sont environ 3000 agents, 3500 même si l'on y ajoute les contractuels, auxiliaires et autres emplois précaires, répartis dans plusieurs centaines de lieux de travail différents. En 2001, au moment du passage aux 35 heures, une grève massive de plus d'une semaine avait permis d'enrayer l'hémorragie des effectifs, mais on est toujours loin du compte.

Au service Petite Enfance de la ville, les crèches affichent complet. Le quartier Nord de la ville ne possède aucune crèche collective publique. Le secteur associatif s'est du coup considérablement développé. Mais lui non plus ne parvient pas à faire face, il y a des listes d'attente de plus d'un an.

Dans les trois maisons de retraite gérées par le Centre Communal d'Action Sociale de la ville de Tours, la situation est très dégradée. Il y a trois mois, une partie du personnel a observé des débrayages pendant plusieurs semaines pour protester contre l'insuffisance des effectifs. Pour donner un minimum de soins, de confort et de réconfort aux pensionnaires, ce sont les agents qui doivent se démener, courir toute la journée, accepter de voir leurs repos remis en cause quand des collègues sont malades.

Au service Entretien Général des Bâtiments, qui s'occupe de tous les locaux municipaux, les effectifs ne permettent que de faire les entretiens courants minimums. Pour les plus gros travaux d'infrastructure, il est régulièrement fait appel à des entreprises privées. C'est la même chose au service Voirie. L'effectif municipal suffit tout juste à l'entretien courant des kilomètres de rues et de trottoirs de la ville. Les plus gros chantiers sont confiés à des entreprises privées.

La mairie s'est vantée, dans son dernier bulletin municipal, de faire des économies en serrant les budgets des différents services. Mais le contribuable gagnerait à ce que tous ces travaux et services soient exécutés à prix coûtant, dans le cadre d'un service public, avec des effectifs appropriés. Car faire appel à des entreprises privées, cela revient à faire payer au contribuable, en même temps que la main-d'oeuvre, les dividendes versés à leurs actionnaires.

Enfin, tout comme l'État, les collectivités locales mènent une politique de "cadeaux", d'aides au patronat, toujours bien sûr au nom de la lutte contre le chômage. Lorsque des agents de la municipalité ou des maisons de retraite revendiquent, la mairie a tôt fait de se défausser en disant que tout ne dépend pas d'elle. Mais lorsqu'il s'agit d'accorder des subventions à des entreprises, ils savent trouver un terrain d'entente.

Ainsi, la municipalité de Tours, ou la communauté d'agglomération dont elle fait partie, vient de participer au financement de laboratoires de recherche, consacrés à l'activité de plusieurs entreprises du département, et pas des moindres: STMicroelectronics, Safety, Hutchinson... Aujourd'hui, sous prétexte de "promotion de la ville de Tours", la communauté d'agglomération, le Conseil général et le Conseil régional s'apprêtent à verser chacun 350000 euros sur trois ans à la compagnie aérienne Ryanair, qui exploite la ligne Tours-Londres.

D'une manière générale, toutes ces subventions ne créent pas d'emplois. Au moment où l'entreprise STMicroelectronics était aidée à Tours, elle fermait son site à Rennes et jetait plus de 500 salariés à la rue. Cet argent public serait bien plus utile s'il était consacré à créer directement des emplois, dans les maisons de retraite, les crèches, partout où il fait cruellement défaut. Cela serait bien plus utile, et du point de vue des chiffres du chômage qui, on le sait, ne cessent d'augmenter, et du point de vue du service rendu à la population.

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