SPN – Fourmies (59) : Le chantage patronal ne marche pas31/12/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/12/une1900.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SPN – Fourmies (59) : Le chantage patronal ne marche pas

À la SPN, sur la zone industrielle de Fourmies, une soixantaine d'ouvriers dépolissent et décorent des flacons de verre. Les cadences sont élevées et le travail est malsain et dangereux à cause de l'inhalation et des brûlures d'acide. Après avoir licencié 18 ouvriers (deux fois 9, pour éviter le plan social) et viré tous les précaires avant les congés, le patron de la SPN menaçait à l'automne de fermer carrément l'usine. Il évoquait des millions d'euros de " trou ", l'impossibilité financière de se mettre aux normes de la lutte contre la pollution et, naturellement, le " coût " du travail.

Beaucoup pensaient que tout cela était un chantage pour essayer de faire pression sur les ouvriers d'une part, sur les pouvoirs publics d'autre part. La SPN voudrait bien se faire payer une machine neuve et une nouvelle station d'épuration par les contribuables. Mais la SPN n'est pas une " petite entreprise en difficulté ", comme son directeur voudrait le faire croire. C'est un atelier " délocalisé " à Fourmies de la grande usine belge des Verreries de Momignies (à 12 km), elle-même filiale d'un prospère groupe allemand.

Les travailleurs qui sentaient l'arnaque avaient raison. Pour l'instant on ne parle plus de dépôt de bilan... mais de baisse des salaires. Le patron a annoncé qu'il ne pouvait pas payer la prime de Noël! Aussitôt la quasi-totalité des ouvriers, par l'intermédiaire de la CGT, ont déposé plainte aux Prud'hommes. La SPN a immédiatement reculé, trouvé l'argent et payé la prime.

Puis la direction a proposé un référendum pour ou contre l'augmentation du temps de travail à 40 heures, au lieu de 35, sans augmentation de salaire. Le directeur nommé par la maison mère s'est déplacé lui-même: " C'est ça, ou on ferme ", disait-il. Il en a été pour ses frais: sur l'ensemble du personnel (60, ouvriers, employés et cadres confondus), il n'y a eu que 8 voix pour les 40 heures, et bien peu doivent venir des ateliers.

Partager