Italie : La révolte des ouvriers forestiers calabrais15/12/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/12/une1898.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Italie : La révolte des ouvriers forestiers calabrais

Jeudi 9décembre, c'est une véritable révolte qui a saisi les 11000 ouvriers forestiers employés par l'État italien en Calabre.

En effet, ils apprenaient que dans le budget en cours de discussion au Parlement, le gouvernement se proposait de retirer purement et simplement les 160 millions d'euros prévus pour financer le paiement de leurs salaires en 2005. Berlusconi proposant d'inclure dans le même budget six milliards d'euros de réductions d'impôts en faveur des couches les plus favorisées, il lui faut trouver des ressources du côté des autres dépenses publiques...

Mais les ouvriers, qui gagnent tout au plus 1000 euros par mois à entretenir un immense massif forestier, qui souvent font vivre avec cela toute une famille dans cette région pauvre en emplois, ne l'ont pas entendu de cette oreille. En quelques heures, c'est toute la Calabre qui s'est trouvée isolée du reste de l'Italie. Les routes et les autoroutes, les voies ferrées, les ferries assurant la liaison avec la Sicile, l'aéroport de Lamezia Terme, se sont trouvés bloqués par les forestiers en colère.

En haut lieu, ce blocage total de la Calabre a fait rapidement réfléchir. Une réunion gouvernementale spéciale a dû être convoquée. Elle s'est engagée à dégager les ressources nécessaires pour payer les salaires des forestiers dans les deux années à venir.

Les blocages retirés, les insultes n'ont pas manqué de la part des politiciens italiens ou de la presse, accusant les ouvriers forestiers d'être des "assistés", "percevant un salaire à ne rien faire" ou bien liés à la Mafia locale, parlant même de révolte "sanfediste" en référence à la chouannerie calabraise du 19e siècle... Les polémiques ont repris entre partis gouvernementaux ne manquant pas l'occasion, pour la Ligue du Nord de dénoncer l'argent gaspillé à "assister le Sud", et pour l'Alliance Nationale (ex-néo-fascistes) de se présenter en défenseurs des couches populaires méridionales. Aucun en revanche n'a dénoncé l'assistentialisme scandaleux du gouvernement Berlusconi, dont ils font partie, à l'égard des couches privilégiées du pays.

Il reste que, avant de tenter de toucher de nouveau à leurs salaires, tous ceux-là se souviendront sans doute longtemps de la colère des forestiers de Calabre. Et cela est un enseignement pour tous les travailleurs victimes d'attaques du même genre, qu'elles proviennent du gouvernement ou du patronat.

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