Assurances AXA - Paris 9e : Des mesures pour les handicapés qui profitent aux patrons15/12/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/12/une1898.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Assurances AXA - Paris 9e : Des mesures pour les handicapés qui profitent aux patrons

Les entreprises de plus de 20 salariés doivent, selon la loi, employer 6% de travailleurs handicapés. Sinon elles sont théoriquement contraintes de verser au fonds pour l'insertion des personnes handicapées (AGEFIPH) une contribution calculée à partir du nombre d'embauches non effectuées. Mais la même loi prévoit plusieurs possibilités d'exonération, dont la signature d'un accord d'entreprise comportant des "mesures en faveur des handicapés".

Un accord de ce type a été signé en mars 2003 entre AXA France et la majorité des syndicats. Près de deux ans plus tard, le bilan est plutôt "en faveur" des patrons.

AXA s'était par exemple engagé à embaucher en moyenne quatre personnes handicapées par an, en contrat à durée indéterminée. C'est un chiffre ridicule comparé aux dizaines de milliers d'employés du groupe, mais en plus AXA a été plutôt lent à la détente. La première année il n'y a eu que deux embauches, dont une sur le site Tivoli, dans le quartier Saint-Lazare (à Paris 9e), qui n'a été obtenue qu'à trois jours de la fin du CDD du collègue concerné et après intervention de tous les syndicats.

AXA devait aussi faire fonctionner un service de soutien interne, financé par "la contribution qui serait due à l'AGEFIPH en l'absence d'accord". Cette "Mission Handicap" a effectivement financé des aides diverses et des aménagements de postes pour les salariés handicapés (fauteuil ergonomique, clavier spécial pour mal-voyant, etc.). Mais AXA a aussi trouvé le moyen de faire grâce à cela des économies non négligeables. Ainsi le site Tivoli, qu'AXA occupe depuis deux ans, pose des problèmes d'accessibilité pour l'ensemble du personnel et aussi pour les clients, et il faudrait y faire des travaux. Eh bien, AXA envisage tout bonnement de les faire prendre en charge par la "Mission Handicap". Autre exemple: quand des employés se sont plaints que certains sols étaient très glissants les jours de pluie, la direction a admis qu'un traitement antidérapant s'imposait... et a annoncé qu'il serait pris sur le budget de la "Mission Handicap". Et pourquoi pas lui faire payer aussi le ménage des bureaux, la poussière étant aussi un facteur aggravant de certains handicaps?

Voilà comment certains patrons détournent la loi sur l'embauche de personnes handicapées.

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