Israël-Palestine : Des "jours de repentir" qui sont des jours de massacre07/10/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/10/une1888.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Israël-Palestine : Des "jours de repentir" qui sont des jours de massacre

Déclenchée le 28 septembre, l'offensive de l'armée israélienne contre le nord de la bande de Gaza a, en une semaine, tué plus de 70 personnes et fait un nombre de blessés bien plus important encore parmi la population palestinienne. Un bilan qui est loin d'être définitif, puisque cette opération, baptisée " Jours de repentir", "pourrait durer des semaines", selon les autorités.

Il y a plusieurs mois, Sharon, le Premier ministre israélien, avait annoncé qu'Israël allait se retirer de la bande de Gaza. Il avait dit dans le même temps qu'il allait y démanteler les implantations de quelques milliers de colons ultra-religieux.

Sharon ne faisait là que prendre acte de ce que la deuxième Intifada, cette révolte de la rue palestinienne contre un occupant surarmé, avait atteint un degré tel que l'armée israélienne pourrait ne pas en venir à bout. Sharon voulait-il se dégager du bourbier sanglant dans lequel Israël patauge à Gaza depuis trente-sept ans? En tout cas, il espérait que son annonce apaiserait l'Intifada à Gaza et, surtout, lui laisserait les mains libres pour poursuivre le dépeçage du reste des Territoires occupés.

Car pendant ce temps-là, en Cisjordanie où se concentre la majorité de la population palestinienne, le même Sharon continuait à bâtir le "mur de la honte" qui transforme les localités palestiniennes de Cisjordanie en ghettos, dans une succession de confettis invivables.

Mais même le retrait progressif et repoussé à une date indéterminée que Sharon annonçait pour Gaza était encore trop pour ceux qui, en Israël, estiment que les seuls qui devraient quitter les Territoires occupés, ce sont les Palestiniens. L'extrême droite religieuse et nationaliste, le lobby des colons, leurs relais dans la classe politique et au gouvernement se mobilisèrent. Ils organisèrent des manifestations contre Sharon, accusé, un comble pour cet ex-général considéré même par ses pairs comme un "faucon", d'être un traître à la "terre sacrée d'Israël" qui, à leurs yeux, devrait évidemment englober tous les territoires palestiniens.

Les miliciens du Hamas palestinien ayant tiré quelques roquettes depuis Gaza sur une bourgade israélienne voisine, lesquelles ont tué deux enfants, Sharon en a profité pour lancer ses tanks et hélicoptères de combat sur la population de Gaza, accusée par lui de soutenir collectivement les "terroristes". Comme si ce n'était pas le terrorisme d'État, que tous les dirigeants israéliens pratiquent depuis tant d'années contre les Palestiniens, qui sert au Hamas pour justifier ses activités! Comme si la politique d'oppression nationale qu'Israël poursuit avec cynisme, et avec l'approbation ouverte ou hypocrite de toutes les grandes puissances, pouvait produire d'autres fruits que ceux, pourris, de cette guerre permanente livrée à tout un peuple, où les populations palestiniennes paient le plus lourd tribut, mais où la population israélienne voit aussi certains des siens tomber dans des attentats ou dans des opérations de répression.

Alors, oui, plus que jamais, pour les Palestiniens d'abord, mais aussi pour la population d'Israël, il ne peut y avoir d'autre issue à cette impasse sanglante que dans un retrait total des troupes et des colons israéliens de tous les territoires palestiniens.

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