Israël : Misère et inhumanité des prisons23/09/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/09/une1886.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Israël : Misère et inhumanité des prisons

Protestant contre leurs conditions d'incarcération très difficiles et parfois à la limite de l'inhumanité, les prisonniers palestiniens avaient engagé une grève de la faim dans la seconde quinzaine du mois d'août et au début du mois de septembre. Les prisonniers du centre d'Ashkelon avaient arrêté leur grève le 2septembre, après avoir obtenu satisfaction sur quelques-unes de leurs revendications: amélioration de la nourriture par l'introduction de légumes dans l'alimentation, droit de recevoir plus souvent des visites, possibilité pour les mères prisonnières de pouvoir toucher leurs enfants qui leur rendent visite... S'en était suivie l'ouverture de négociations prison par prison, qui mit fin au mouvement d'ensemble.

Il est bien difficile de savoir aujourd'hui ce qui se passe dans les prisons israéliennes. Des informations rapportées par des avocats de prisonniers palestiniens filtrent tout de même, laissant entrevoir la misère qui y règne toujours et la diligence apportée par les autorités carcérales israéliennes à revenir, dans bien des prisons, sur les quelques promesses faites pendant la grève. Seul changement: le ministre de la Sécurité intérieure, qui s'était fait remarquer par des propos odieux disant que les prisonniers palestiniens pouvaient faire grève "jusqu'à ce que mort s'ensuive", a été démis de ses fonctions, non pas pour les propos tenus mais pour corruption et malversations entre 2001 et 2003, alors qu'il était ministre de l'Environnement. Quand on est un salaud, on l'est sur tous les plans!

Dans la prison de Naqab, la direction a commencé la construction de murs intérieurs hauts de neuf mètres et devant entourer les diverses sections de la prison, afin que les prisonniers ne puissent communiquer entre eux (Naqab est une prison à ciel ouvert, où les prisonniers vivent sous tentes). Mais les murs masquent par là même le soleil et empêchent l'air de circuler normalement, provoquant une sensation d'étouffement chez les prisonniers.

Dans la prison de Ramleh, un prisonnier blessé par balles aux jambes ne reçoit aucun soin. Il est constamment insulté par des soldats et les officiers enquêteurs. Bien d'autres prisonniers sont eux aussi torturés. Les cellules de la prison sont très étroites, sans aération convenable, sombres. À l'intérieur, un ventilateur envoie un air glacial. Les matelas et les couvertures puent. Les murs des cellules ont des protubérances qui empêchent les prisonniers de s'y adosser.

Toujours dans la prison de Ramleh, depuis la fin de la grève les conditions d'incarcération ne se sont pas améliorées, sauf en ce qui concerne les fouilles à nu qui ont été arrêtées et les autorisations de visite accordées pour quelques prisonniers. La plupart des détenus sont toujours interdits de visite, dont certains depuis deux ans et demi. Les enfants nés en prison y restent. Le fils d'une détenue, âgé de 19mois, est traité à l'égal de sa mère. Il n'a pas le droit à des aliments spécifiques pour son âge. Il vit dans une cellule avec sept autres prisonnières et n'a pas le droit de sortir, sauf durant les brefs temps de récréation.

Tout cela se passe dans "la plus grande des démocraties" du Proche et Moyen-Orient.

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