Travailler plus pour gagner moins ? Pas question !23/07/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/07/une1877.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Tribune de la minorité

Travailler plus pour gagner moins ? Pas question !

Chirac et Sarkozy, le duel? Il faut bien amuser la galerie. Mais sur le fond, ils sont bien sur la même longueur d'onde: C'est le MEDEF qui décide, et Chirac, Raffarin, Sarkozy... eux, exécutent!

Hier la réforme des retraites, aujourd'hui la réforme de la Sécu avec la réduction des remboursements tout en faisant payer les travailleurs. Cette réforme n'est pas encore votée que Chirac et son gouvernement annoncent déjà leurs prochaines cibles.

Le MEDEF réclame un "assouplissement des 35 heures". Non pas que la loi Aubry soit un obstacle pour les patrons. Au contraire, en instaurant plus de flexibilité, les négociations locales entreprise par entreprise, la modération salariale, sans oublier les milliards d'allégement de charges sociales, les patrons y avaient largement trouvé leur compte. Mais ils voudraient faire sauter les dispositions qui assurent encore une certaine protection aux travailleurs. Le patronat réclame de pouvoir faire travailler plus les salariés, quand cela l'arrange, et sans limites: augmenter le nombre d'heures supplémentaires autorisées, baisser les majorations pour les heures supplémentaires, voire les supprimer totalement, voilà l'objectif.

Une première loi Fillon en 2003 déjà "assouplissait" dans ce sens les 35 heures, pour les entreprises de moins de 20 salariés, mais le patronat en demande plus. Chirac prétendait le 14 juillet, "permettre au salarié qui veut travailler plus de gagner plus". Mais c'est le patron qui décide des horaires de travail. Et pour le salarié, le complément attendu des heures supplémentaires est déjà réduit au minimum, parfois à zéro avec le jeu de l'annualisation du temps de travail.

Accepter de travailler pour le même prix demain 40 heures, après-demain 45, alors que des millions de chômeurs se retrouvent sans travail, serait améliorer son quotidien? Allons donc!

Il suffit de regarder ce qui se passe à Bosch à Vénissieux pour comprendre à quoi peut mener la "souplesse", celle déjà permise par les lois actuelles, et le "dialogue social, entreprise par entreprise" cher à Chirac et Raffarin. En menaçant les salariés de délocaliser la production le patron a obtenu, d'abord de certains syndicats prêts à toutes les bassesses, puis des salariés sommés de répondre nominalement, un "accord" pour le passage de 35 à 36 heures sans compensation, avec en plus des baisses de primes de nuit, sans oublier 3 ans de modération salariale... Sous la menace pour ceux qui ne l'acceptent pas du licenciement économique. Isolés dans leur entreprise, les travailleurs ont du mal à se défendre contre cette attaque de leur patron, qui sous prétexte de la concurrence, ne visait qu'à réduire les salaires!

Les mesures que préparent le gouvernement avec le développement des négociations par entreprise ou par branche, vont dans le même sens. Elles signifieraient laisser les mains plus libres encore aux patrons pour multiplier de telles attaques. Si nous laissions faire, ces reculs pèseraient sur toute la classe ouvrière.

Tout comme pèseraient sur tous les travailleurs les mesures annoncées du plan Borloo de "cohésion sociale". Au bout de six mois, un chômeur qui refuserait des propositions d'emplois qu'il jugerait trop mal payés, ne correspondant pas à sa qualification ou trop éloignés de son domicile, serait sanctionné par la baisse ou la suppression totale des indemnités. Il s'agit d'imposer aux chômeurs d'accepter n'importe quel travail à n'importe quel prix: autant dire que l'ANPE servirait à offrir une main d'oeuvre pas chère aux patrons. Le but est là aussi non pas de diminuer le chômage mais d'aider le patronat à exploiter davantage les salariés, à les faire travailler plus pour gagner moins.

Il y a ce à quoi rêvent le patronat et le gouvernement, et il y a ce que nous leur laisserons faire. Leur offensive n'aura pas d'autres limites que la crainte de déclencher, avec la colère des travailleurs, un puissant mouvement tous ensemble. Ce qui pourrait leur coûter beaucoup plus cher que les nouveaux profits qu'ils espèrent faire sur notre dos.

Editorial des bulletins d'entreprises l'Etincelle du 19 juillet 2004 publiés par la Fraction

Convergences Révolutionnaires n°34 (juillet-août 2004) - bimestriel publié par la Fraction
Dossier: Accidents du travail et maladies professionnelles : faux frais de l'exploitation pour le patronat et l'État.
Articles: L'alliance LO-LCR après "l'échec" électoral - La réforme de l'assurance maladie va-t-elle passer comme une lettre à la poste? - Belgique : vote obligatoire pour scrutin sans enjeu - Irak : le blanc-seing de Chirac à Bush - Israël : quand Jérusalem succède à Johannesburg.
Pour se procurer ce numéro, 1,5 €, ou s'abonner (1 an: 9 €; de soutien: 15 €) écrire à: LO, pour la Fraction, BP 233-75865 Paris Cedex 18 ou Les Amis de Convergences, BP 128-75921 Paris Cedex 19 Sur le Net: http://www.convergencesrevolutionnaires.org

Partager