Merck-Santé (Lyon) : Grève contre la fermeture du site Lacassagne28/04/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/04/une1865.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Merck-Santé (Lyon) : Grève contre la fermeture du site Lacassagne

Fondée en 1942, la société Lyonnaise Industrielle PHArmaceutique (Lipha) a été achetée par le groupe Merck KgaA (Allemagne) qui est devenu un des leaders mondiaux pour le diabète avec un de ses principaux produits, le Glucophage.

Le 10 juillet 2003, le groupe Merck-Santé, cinq usines et un siège en France, annonçait un projet de restructuration comprenant une baisse d'effectifs et la fermeture du site de Lacassagne qui comprend un Centre de recherche (157 personnes) et une usine de production (152 personnes).

D'emblée les salariés de Merck-Santé Lyon Lacassagne se sont mobilisés avec ceux de l'usine de Meyzieu assez proche. Ils ont manifesté plusieurs fois dans les rues de Lyon, rencontré les élus locaux et sont même allés au ministère de la Recherche. Ils se sont également rendus à Darmstadt, siège de Merck KgaA, où ils ont manifesté avec des salariés allemands du syndicat IG BCE.

Dans un contexte de résultats bénéficiaires (83 millions d'euros en 2002), d'un chiffre d'affaires en progression de 141% et d'une distribution de 1 million d'euros aux actionnaires en cinq ans, les salariés refusent cette restructuration à des fins boursières qui entraîne la fermeture d'un site promis à une opération immobilière.

Le 22 avril dernier, jour du Comité central où la direction devait développer des mesures dites sociales, d'accompagnement ou de reclassement, selon la formule consacrée, la majorité du personnel de Lacassagne, environ deux cents personnes, rejointes par les salariés de Meyzieu, a décidé de fermer le portail et de rester devant l'usine.

La direction, sur le trottoir, a rapidement fait appel à un huissier pour mettre la pression. Personne ne s'est laissé intimider et la grève a même continué le lendemain. Les salariés savent qu'il sera dur de lutter seuls contre les choix d'une multinationale du médicament, c'est la raison pour laquelle ils ont participé à de nombreuses manifestations avec les chercheurs, avec les «Rhodia» notamment. Et ces deux jours pourraient bien en préparer d'autres car ils ne sont vraiment pas décidés à se laisser plumer.

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