Décentralisation : La lutte des TOS doit continuer08/04/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/04/une1862.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Décentralisation : La lutte des TOS doit continuer

Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a annoncé que le vote du projet de décentralisation, prévu le 7 avril à l'Assemblée nationale, était reporté de quelques jours. Ce projet de loi prévoit la décentralisation aux départements et aux régions de 96000 salariés techniciens, ouvriers et personnels de services (TOS) des collèges et des lycées, ainsi que de 30000 salariés de l'Équipement. Ces salariés sont toujours aussi opposés au projet qu'ils l'étaient lors des manifestations du printemps 2003. Le 1eravril dernier, ils étaient encore nombreux à protester dans la rue.

Gérard Noguès, le secrétaire général des fonctionnaires CGT, a rappelé que "le seul objectif de cette loi est d'alléger le budget de l'État". Il précisait: "Comme les collectivités territoriales devront elles aussi équilibrer leurs dépenses et leurs recettes, on doit s'attendre à les voir externaliser des services vers le privé, ou augmenter la fiscalité locale." La décentralisation risque fort d'aboutir à une diminution du personnel dans les établissements scolaires, comme du personnel chargé de l'entretien des routes, ne serait-ce que par le non-remplacement des départs à la retraite. L'objectif du gouvernement est bien évidemment de faire des économies, sur le dos des services publics, en se "déchargeant" sur les collectivités locales.

Les syndicats se sont félicités de la décision de Raffarin de reporter de quelques jours la discussion au Parlement, mais la concession reste bien mince. En effet, pas plus que pour la réforme de la Sécurité sociale, le gouvernement n'a manifesté son intention d'abandonner cette attaque, tout au plus se donne-t-il un peu de temps.

Les nouveaux présidents socialistes des Conseils régionaux, quant à eux, ont fait savoir avec force publicité qu'ils demandaient un rendez-vous à Raffarin. Dans un texte baptisé "La nouvelle exigence des présidents", ils demandent "le retrait du projet de loi sur les "responsabilités locales", qui prévoit de vastes transferts de compétences sans les moyens financiers correspondants". Il est tout à fait exact que le gouvernement compte en profiter pour ne pas "transférer" totalement les moyens financiers et faire ainsi des économies. Mais les socialistes oublient de rappeler qu'ils ont contribué à diminuer les ressources des collectivités locales. Pour ne citer que cet exemple, Jospin, quand il était au pouvoir, a décidé la diminution de 35% de cette taxe professionnelle que le gouvernement de droite veut encore "réformer", c'est-à-dire quasiment supprimer, alors qu'elle constitue la principale ressource des collectivités locales. Cette "rébellion" du PS serait donc plus crédible si ses conseillers régionaux s'engageaient là-dessus, et s'ils s'engageaient également à consacrer tout l'argent à leur disposition aux services publics, sans lâcher un centime pour aider les profits des entreprises privées.

Les personnels "décentralisés" sont donc prévenus. S'ils veulent empêcher les mauvais coups, il est préférable qu'ils ne comptent que sur leurs luttes. Contrairement à ce qu'avait déclaré Raffarin au printemps dernier, c'est bien la rue qui peut faire la loi... ou la défaire.

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