De Danone à l'Assistance Publique : Une même politique de suppressions d'emplois26/02/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/02/une1856.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

De Danone à l'Assistance Publique : Une même politique de suppressions d'emplois

Le vendredi 13 février, la directrice générale de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris présentait au Conseil d'administration les grandes lignes de son "plan d'économies": entre autres, 930 suppressions d'emplois pour la seule année 2004 (sur un effectif de 71000 personnes, sans compter les médecins). Le but de ce plan est de réaliser 60 millions d'économies pour l'année 2004, un objectif fixé par le ministre de la Santé.

C'est probablement pour le réaliser que la nouvelle directrice générale a été recrutée en 2003. Cette ancienne directrice des relations humaines de chez Danone a demandé et obtenu un salaire de 18000 euros par mois, un salaire bien au-dessus de ce à quoi peut prétendre un directeur de l'AP-HP. Et telle une mercenaire, elle est venue à la tête de l'AP faire un sale boulot.

Les emplois que la direction de l'Assistance Publique veut supprimer concernent les services administratifs, les services techniques, les laboratoires... Ce que la directrice appelle des emplois de "non-soignants". Et elle affirme qu'il ne s'agit pas de remettre en cause la qualité des soins... comme si les personnels administratifs, les personnels des services techniques, ou les personnels des laboratoires ne participaient pas eux aussi à la qualité de la prise en charge des malades! En tout cas, certainement plus que la brochette de directeurs très bien payés qui aujourd'hui s'en prennent aux emplois.

D'autant que, parallèlement au plan d'économies, la même direction envisage de supprimer 160 emplois d'infirmières et d'aides-soignantes dans les unités de soins de longue durée, qui accueillent principalement des personnes âgées, en prenant prétexte de la baisse du nombre de lits dans ces structures à l'Assistance Publique.

Un plan inacceptable

Pour l'instant, les mesures concrètes de ce plan ne sont pas encore connues précisément au niveau des établissements, mais déjà des informations circulent: 130 suppressions d'emplois concerneraient le siège de l'AP-HP, avenue Victoria à Paris. Le travail fait jusque-là au Siège serait réalisé maintenant au niveau de chaque établissement, ce qui entraînera du travail supplémentaire pour les personnels administratifs de ces hôpitaux. Les laboratoires seraient particulièrement concernés par ces mesures: certains seraient regroupés, d'autres fermés...

Les directions se sont engagées à supprimer des emplois: à l'hôpital Paul-Brousse, à Villejuif, six suppressions d'emplois de techniciens sont prévues avec la fermeture d'un laboratoire; à Saint-Antoine, il est question d'une vingtaine de suppressions d'emplois et d'économies sur le budget de formation; à Bicêtre, une cinquantaine d'emplois seraient menacés....

L'annonce de ces suppressions d'emplois a bien entendu entraîné un grand nombre de discussions dans les établissements. À Saint-Antoine, l'équipe de bio-nettoyage étant constituée par des employés de l'Assistance Publique, beaucoup redoutent que la direction profite de cette occasion pour privatiser. Beaucoup d'employés craignent que les services de soins, malgré les discours de la direction, soient aussi concernés, ne serait-ce qu'indirectement. Ce qui ne sera plus fait par des administratifs ou des employés, comme les secrétaires hospitalières, devra être fait par le personnel restant.

Du côté des organisations syndicales, c'est le calme plat dans beaucoup de grands établissements. Le personnel a appris que des postes seraient supprimés essentiellement grâce à la presse. C'est la première fois qu'un tel plan de suppressions d'emplois est programmé à l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, mais pour l'instant les syndicats de l'AP ne proposent strictement rien au personnel.

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