Vatech JST (Lyon) : 108 suppressions d'emplois12/02/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/02/une1854.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Vatech JST (Lyon) : 108 suppressions d'emplois

Dans cette usine de 420 personnes où sont fabriqués de gros transformateurs électriques, la direction vient d'entamer une procédure pour supprimer 108 emplois. Avec le départ, en fin d'année 2003, de près de 40 personnes en retraite ou dans le cadre de la retraite amiante, c'est donc au total un tiers de l'effectif qui disparaîtrait.

L'entreprise était une filiale (Jeumont Schneider Transformateurs) de Schneider. Ce dernier a profité pendant des dizaines d'années des très juteuses commandes d'EDF, entre autres avec la construction du parc des centrales nucléaires, et de la SNCF avec les TGV, avant de se désengager totalement du secteur de la haute tension, devenu beaucoup moins rentable.

En 2001, Schneider a cédé l'usine au groupe autrichien Vatech pour le franc symbolique, mais en emportant le contenu du coffre plein des profits réalisés auparavant. Pour régler leurs affaires au mieux de leurs intérêts respectifs, les groupes industriels ne connaissent ni les frontières, ni les scrupules. Le Groupe Vatech possède huit autres usines de transformateurs dans plusieurs pays ainsi que des usines dans d'autres secteurs industriels. Sa situation économique est florissante mais il entend "assainir" les filiales, comme celle de Lyon, dont il estime qu'elles ne rapportent pas (ou plus autant) de profits qu'il le souhaiterait.

Selon la direction lyonnaise, le plan de suppressions d'emplois serait rendu nécessaire par la baisse des commandes au niveau mondial. Mais c'est surtout la volonté de ne pas entamer les bénéfices des actionnaires du groupe Vatech qui dicte son choix. Et tant pis si cela devrait conduire à jeter à la rue de nombreux travailleurs.

Les ouvriers n'ont pas été trop surpris par l'annonce de la réduction d'effectifs. Depuis près d'un an, le chômage partiel imposé mois après mois et atelier par atelier laissait prévoir une telle issue. Un premier arrêt de travail a été majoritairement suivi par les ouvriers dès l'annonce du mauvais coup. Mais beaucoup craignent que ce soit seulement le début d'un processus qui conduirait à la disparition pure et simple de cette usine.

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